Dans le polar, les femmes aussi tiennent la plume

Clément Solym - 17.07.2010

Edition - Société - polar - roman - noir


Avec le succès de la série du Suédois Stieg Larsson, Millenium, les étals des librairies ont commencé à se remplir de polars venus du froid…Et quand on voit le nombre croissant de séries policières diffusées sur les chaînes de télévision, on comprend mieux aussi qu’un livre vendu sur quatre soit un roman noir.

Et dans cette sombre histoire, les femmes sont loin d’être en reste, qu’elles soient lectrice ou en train de tenir la plume. Il suffit, pour s’apercevoir de cela, de revenir aux sources, avec Agatha Christie (1890-1976) qui publia son premier polar dans les années 20. C’était là le début d’une longue, très longue série…

Depuis, l’univers du roman noir est peuplée de femmes, que l’on pense à l’Américaine Mary Higgins Clark, les Anglaises Ruth Rendell et Mo Hayder, la Sud-Africaine Margie Orford, ou encore la Française Dominique Manotti.


A en croire les directeurs de collections dédiées au roman noir, l’écriture féminine s’inscrit en léger décalage avec la masculine et pas particulièrement comme on pourrait le penser. En effet, à lire ces romans écrits par des femmes, on s’aperçoit que l’on entre dans un univers souvent encore plus violent, insidieux et cruel que celui que l’on pourrait retrouver sous la plume d’un auteur masculin.

Bien entendu, les femmes qui écrivent s’illustrent dans des descriptions et des analyses psychologiques plus fines, plus développées aussi. Il y aurait même, parfois, la volonté, de tirer, derrière le récit, une forme de morale.

On tombe finalement dans un univers extrêmement dur où même les femmes écrivent des horreurs, bien loin de la célèbre chanson de Renaud, « Miss Maggie », selon laquelle les figures féminines, à une exception près, dans l’histoire comme dans le quotidien, sont précisément inscrites à l’opposé de toute violence, portée au respect de l’autre…Mais dans quel monde vit-on ?