Dans les avions Qantas, on balance son Kindle pour lire un livre

Clément Solym - 17.05.2013

Edition - International - compagnie aérienne - lecture - sophistication


La compagnie aérienne basée en Australie, Qantas, est excédée. Elle vient de lancer une campagne de communication auprès de ses usagers, pour leur demander de débrancher leur Kindle, et de prendre le temps de se relaxer avec un vrai bon livre. Or, qu'est-ce donc qu'un vrai bon livre ? L'un de ceux proposés par la compagnie, bien entendu.

 

 

 

 

 

En collaboration avec Hachette Australie, la compagnie aérienne vient de publier une série de livres spécialement conçus pour être lus du début à la fin d'un vol particulier. Avec pour projet final que de faire éteindre les Kindle des clients, et les ramener vers le plaisir suprême que de feuilleter un ouvrage de papier imprimé...

 

Le projet n'est pas idiot : la cible de cette campagne est le client Platinum de Qantas — autrement dit le voyageur grand luxe, majoritairement homme d'affaires. Ainsi, les ouvrages sont adaptés à ses attentes : non-fiction, thrillers, histoires courtes avec option polar, mais également écrits pour prendre en compte la durée totale du vol. Entre le décollage et l'atterrissage, on a pile-poil le temps de finir son livre.

 

Le projet, monté par l'agence de communication de Sydney, Droga5, s'appuie sur le fait qu'un lecteur peut avaler entre 200 et 300 mots par minute. Un chiffre confirmé par le partenaire Hachette, qui présente cela comme, grosso modo, une page par minute. Des textes sur mesure, selon donc la durée du vol, avec des gros noms de la littérature : James Patterson, Dan Brown, et Richard North Patterson... 

 

Enfin, grands noms... on se comprend. 

 

Les ouvrages profitent en plus d'une couverture particulière, réalisée par Paul Bedford, qui a travaillé dans des sociétés aussi variées que The Economist, Sony Playstation ou encore Waterstones.

 

Pour Stephanie Tully, responsable du service fidélisation de Qantas, cette expérience de livres physiques, et ce retour à une technologie ancienne attesteraient de la sophistication de la marque de la compagnie. Une sorte de luxe que la société s'offre, qui ciblera les vols moyen-courriers, mais pourrait également être élargi aux clients qui vont du bronze à l'argent dans les classements. 

 

Le directeur de l'agence Droga5, David Nobay, poursuit : « Il nous est apparu que le seul endroit, dans ce monde composé de Kindle, d'iPad, pour trouver le repos, c'est une livre de poche à lire à 40.000 pieds. » Un charme autant qu'un authentique luxe pour la marque, qui s'offre ici une opération bien ficelée. « En dépit de sa relative simplicité, il y a un charme indéniablement rassurant à feuilleter un bon livre, quand vous vous reposez au milieu des nuages. »

 

L'idée de faire éteindre les appareils de lecture numérique est de toute manière intéressante : 30 % des voyageurs oublient de le faire.

 

Chose amusante, dans le même temps, le Time vient de publier sa liste de livres pour prendre l'avion, considérant les titres comme des perfections pour se détendre durant un vol. On y retrouve The Da Vinci Code de Dan Brown, Blink, par Malcolm Gladwell et  Eat, Pray, Love écrit par Elizabeth Gilbert.