Dans un nouvel essai Bernard Pivot livre quelques-uns de ses souvenirs

Victor De Sepausy - 17.02.2017

Edition - Société - Bernard - Pivot - mémoire


Bernard Pivot revient en librairie en publiant le 1er mars prochain un essai intitulé La mémoire n’en fait qu’à sa tête (Albin Michel, 18 €). L’ancien présentateur de l’émission « Apostrophe » se livre au jeu des souvenirs, évoquant tour à tour des moments de sa vie, des rencontres avec des écrivains ou encore des petits bonheurs simples de tous les jours.

 

 

Président de l’académie Goncourt depuis 2014, Bernard Pivot s’amuse à évoquer la magie de la mémoire qui nous amène à l’esprit, on ne sait trop pourquoi, des moments venus du passé alors qu’on est plongé dans une activité qui n’a rien à voir avec le souvenir qui se rappelle tout d’un coup à nous.

 

Si Marcel Proust a tout particulièrement travaillé sur cette dimension incroyable de la mémoire humaine et sur notre capacité à croiser les sens pour interférer sur les éléments que renferme notre esprit, Bernard Pivot joue avec simplicité à l’évocation de scènes qui ont toute une importance particulière à ses yeux. C’est cette caractéristique de la mémoire qu’il évoque en quelques lignes poétiques dans cet essai :

 

« On s’arrête tout à coup de lire. Sans pour autant lever les yeux. Ils restent sur le livre et remontent les lignes, reprenant une phrase, un paragraphe, une page. Ces mots, ces simples mots, ne nous évoquent-ils pas notre enfance, un livre, une querelle, des vacances, un voyage, la mort, des plaisirs soudain revenus sur nos lèvres ou courant sur la peau… Décidément la mémoire n’en fait qu’à sa tête. Imprévisible et capricieuse, elle aime bien déclencher sur moi des ricochets semblables à ceux obtenus par ces petites pierres plates que je faisais rebondir sur la surface étale des étangs et des rivières de mes jeunes années.

 

C’est sans doute pourquoi elle interrompt aussi mes lectures pour des bagatelles, des sottises, des frivolités, des riens qui sont de nos vies des signes de ponctuation et d’adieu. »