Dario Franceschini : « Amazon ? Un Père Noël plutôt qu'un loup garou »

Cécile Mazin - 08.12.2014

Edition - Economie - Dario Franceschini - Amazon internet - vente livres web


En Italie, lors de la Foire de l'édition indépendante, Più libri, più liberi, le ministre des Biens culturels, Dario Franceschini, a affirmé voir en Amazon un possible allée pour les éditeurs, « pourvu qu'il ne lui revienne pas d'établir les règles du marché du livre… »

 

Dario Franceschini - Frankfurt Buch Fair 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Noël s'approche et lors de la foire du livre « Plus de livres, plus libres », le ministre des Biens culturels et du Tourisme, Dario Franceschini a été invité par l'École Holden d'Alessandro Baricco à intervenir sur le suhet : « Amazon, Père Noël ou loup-garou ? ».

 

Face aux difficultés que les éditeurs peuvent rencontrer avec le géant de Seattle, Franceschini, en se définissant « un techno-optimiste » pour son approche au Web, a répondu à la question : « Le colosse de la vente en ligne ? Je le définirais plutôt comme un Père Noël qu'un loup-garou, pourvu qu'il ne lui revienne pas d'établir les règles du marché du livre ni ce que les enfants doivent écrire dans leurs lettres au Père Noël. » 

 

Et d'ajouter ensuite : « Nous devrions essayer d'impliquer Amazon dans la tutelle des sujets aux thèmes les plus faibles et de la diversité. » On croirait une reprise du discours de James Patterson, qui s'est montré convaincu qu'Amazon pourrait aider les jeunes à redécouvrir les joies de la lecture

 

Francheschini brosse ainsi un portait d'Amazon aux couleurs un peu édulcorées, mais qui pourrait s'accomplir sur le marché italien, où la société n'a pas encore une présence étouffante.

 


 

 

Toutefois, le ministre semble oublier, ou ignorer que la chaîne de librairies Giunti Al Punto a déjà passé, en Italie, un accord avec Amazon, visant à la réalisation d'un « nouveau modèle de librairie ». L'administrateur délégué Martino Montanarini expliquait : « Notre défi est la réalisation d'une librairie du futur, dès maintenant […], une librairie ouverte, une agora moderne qui écroule les barrières entre virtuel et réel, dans laquelle les livres papiers cohabitent avec ceux numériques. »

 

Dans la conclusion de son intervention, le ministre a enfin ajouté : « Nous pouvons arriver à un modèle social où le bien-être sera offert pour les personnes qui ont plus de temps, et manquent de biens, car, en révisant la hiérarchie des valeurs, le temps se transforme en or. […] Si cela doit effectivement se dérouler de la sorte, je pense qu'Amazon peut représenter un allié. Pourquoi, aujourd'hui, est-il si investi la conquête du marché du livre des livres, face aux libraires, et n'élargit-il pas plutôt son lectorat ?

 

Amazon devrait s'unir aux petits libraires ataviques où l'on peut trouver des livres de niche et des volumes pour chercheurs, autrement introuvables. Le jugement sur Amazon ne porte pas sur son rôle de Père Noël ou de loup-garou. Mais si je devais choisir, je dirais que c'est le Père Noël, je crois qu'il doit choisir et s'allier, en suivant les règles partagées par tous les États, avec le monde des librairies. » 

 

Un géant à la défense des plus petits : on sait maintenant ce que contient la liste que Franceschini a écrite pour Noël.