Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

David Cameron assure que les détenus ont de quoi lire en prison

Antoine Oury - 01.08.2014

Edition - Société - lecture en prison - livres bannis - David Cameron


Si recevoir des livres est devenu impossible dans les prisons britanniques, il semble être encore plus délicat de prendre connaissance de son courrier, pour le gouvernement du pays. En mars dernier, une coalition d'auteurs, avec quelques grands noms, envoyait une lettre à destination du ministère de la Justice, afin de le faire revenir sur la décision du Secrétaire d'État, l'interdiction de l'envoi de livres aux détenus.

 

 

David Cameron and Nick Clegg in Paris / David Cameron et Nick Clegg à Paris

Nick Clegg et David Cameron à Paris, en 2012 (UK in France, CC BY-ND 2.0)

 

 

David Cameron, Premier ministre du Royaume-Uni, a lui-même répondu à la missive de Frances Crook, directrice de la Howard League for Penal Reform, envoyée cette semaine à Chris Grayling. Elle faisait suite à un autre courrier, rédigé par Carol Ann Dufy, poète officielle, et cosignée par quelques grands noms de la littérature, dont Salman Rushdie, Philip Pullman, Julian Barnes, Joanne Harris, ou encore Ruth Padel. Ils y qualifiaient la dernière directive du Secrétaire d'État Chris Grayling de « blessante » et « inappropriée ».

 

David Cameron a commencé par souligner que « le gouvernement n'avait pas interdit aux détenus l'accès aux livres ». Certes, puisque la directive interdit les envois de livres depuis l'extérieur, par la famille ou les proches des détenus, par peur d'entrée illégale de substances illicites ou d'armes. 

 

« Il y a une réserve statutaire de livres dans chaque prison. Si un détenu souhaite avoir accès à un ouvrage qui n'est pas dans la bibliothèque, il peut déposer une demande afin que son achat soit étudié. Les prisons peuvent également s'appuyer sur leurs propres fonds pour acquérir un livre », souligne le Premier ministre dans son courrier.

 

Le chef du gouvernement ajoute qu'un détenu peut stocker jusqu'à 12 livres dans sa cellule, « pour des questions de place », et que son accès aux ouvrages n'est pas soumis « à son comportement ». Peut-être un moyen, pour David Cameron, de protéger son chef d'État, face à des accusations de « châtiment cruel et inhabituel », soutenues par Geoffrey Robertson, responsable des Droits de l'Homme au Parlement britannique.

 

Dans la dernière partie de sa missive d'une page, le chef du gouvernement explique qu'un rendez-vous avec les militants n'est pas nécessaire : « Je ne pourrai pas ajouter grand-chose à la réponse que le Secrétaire d'État à la Justice a fournie à la poète officielle. »

 

(via The Guardian)