David Grossman : L'amour maternel, 'le plus viscéral'

Clément Solym - 10.09.2011

Edition - Société - femme - fuyant - annonce


L’écrivain israélien David Grossman compte parmi les auteurs de la rentrée, avec un roman puissant de 700 pages que publie Le Seuil. Une femme fuyant l’annonce, est avant tout une histoire d’amour maternel. Et dans laquelle le romancier a apporté de sa propre histoire.

Comme Ora, son héroïne, David a perdu son fils, mort au Liban. Une perte qui l’a laissé « anéanti », explique-t-il dans un entretien accordé à l’AFP. « Mais j'ai recommencé à écrire, pour continuer à vivre. Et j'ai terminé ce roman qui parle de la famille, de la force de l'amour, de l'amitié et surtout d'une mère, Ora, qui veut conjurer le sort », ajoute l’auteur.
Ora, une femme séparée depuis peu d’Ilan, son mari, quitte son foyer de Jérusalem et fuit la nouvelle inéluctable que lui dicte son instinct maternel : la mort de son second fils, Ofer, qui, sur le point de terminer son service militaire, s’est porté volontaire pour « une opération d'envergure » de 28 jours dans une ville palestinienne, nouvelle que lui apporteraient l’officier et les soldats affectés à cette terrible tâche.
Prêtant ainsi son histoire à cette femme, Grossman avoue avoir opté pour un personnage féminin, en ce que « la femme représente le pilier de la famille ».

Et pour comble du succès, il semble que le président Obama ait emporté le livre avec lui durant ses vacances, « la première fois qu’il en choisissait un non américain », se réjouit Grossman.


En thème central, donc, l’amour maternel, « le plus viscéral », déployé au travers d’une héroïne humaine - pas de figure de martyr ni de sainte. Pour retracer l’histoire du pays, depuis 1967, en arrivant à cette époque contemporaine, particulièrement complexe.

Pour le romancier, la situation d’Israël aujourd’hui, « c'est une lame de fond, spontanée jusqu'ici. Dans la forme, une sorte de Woodstock d'indignée. Lors des élections, tous les partis devront en tenir compte ».