David Mitchell traduit le témoignage d'un jeune autiste

Xavier S. Thomann - 26.02.2013

Edition - Les maisons - David Mitchell - Autisme - Naoki Higashida


L'auteur de Cloud Atlas, l'Anglais David Mitchell, est en train de mener un projet qui sort un peu de l'ordinaire. Il y a quelque temps, on a attiré son attention sur le livre d'un jeune Japonais souffrant d'autisme. Conquis par ce témoignage, il a entrepris de traduire le livre dans la langue de Shakespeare, sous le titre de The Reason I Jump (Pourquoi je saute). 

 

cloud atlas

psd, CC BY 2.0

 

 

Naoki Higashida n'est pas un auteur comme les autres. L'adolescent autiste a publié un livre pour raconter son expérience du monde, en 2009, à l'âge de treize ans. Cet ouvrage a connu un grand succès au pays du Soleil Levant. La femme de Mitchell, d'origine japonaise, a fait connaître le livre à son mari, concerné par la situation du garçon puisque son propre fils est autiste. Il a en outre reversé de l'argent à diverses associations caritatives consacrées à l'autisme. 

 

Ensemble, ils ont décidé de le traduire en anglais. Ce témoignage poignant permet à son jeune auteur d'expliquer son comportement et son rapport au monde et aux autres. Higashida a construit son récit comme une série de réponses aux questions que les gens se posent à son égard. Il parle de communication, de beauté, de douleur, ce qui permet d'aller à l'encontre de bien des préjugés largement répandus concernant l'autisme. 

 

L'éditeur anglais, Sceptre, a prévu de faire sortir le livre en juillet et n'hésite pas à la comparer à l'ouvrage de Jean-Dominique Baudy, le scaphandre et le papillon, paru en 1997. En effet, comme Baudy, Higashida a écrit son livre lettre par lettre, en pointant du doigt chaque lettre dans le cas du jeune homme. 

 

Pour mener à bien ce travail de traduction, Mitchell a mis son épouse à contribution. Elle a dégrossi le texte, avant de laisser son mari le mettre en forme. À propos de cette traduction à quatre mains, il précise : « Il fallait que je respecte le fait que le livre a été écrit par un garçon de treize ans, non pas un romancier de 44 ans, donc je ne voulais pas que cela ressemble à un article du New Yorker. » 

 

Autrement dit, une traduction fidèle à l'esprit du texte initial. L'enthousiasme commun à l'auteur et à son éditeur semble justifié.