David Vann : Dans le numérique, pour convaincre, il faut être moins cher

Clément Solym - 06.11.2010

Edition - Société - prix - uinique - livre


Dans un entretien avec le récent prix Médicis, c'est un regard assez nouveau sur le livre numérique, qui a été porté sur la France. Un regard anglo-saxon, où les lois fixant un prix unique pour les livres n'existent pas, certes, mais où l'on tente tout de même de légiférer, commercialement, sans passer par le recours législatif, comme en France.

David Vann, Prix Médicis du roman étranger, est encore sous le chox de son prix, mais quand on l'interroge sur le numérique, c'est tout un poème.

À ce sujet, et d'un point de vue purement technique, David reconnaît ne rien savoir. Oui, ses éditeurs lui en ont parlé. Oui, il sait que c'est vers cela que se dirige la littérature. Cela ne le gêne pas.

C'est peut-être, en revanche, un des seuls domaines où il reprocherait quelque chose à notre pays : « J'ai entendu que vous aviez en France une sorte de contrôle du prix de l'ebook. J'ai peur que cela tue l'ebook. Pour tout ce qui est online, si ce n'est pas moins cher, c'est difficile de convaincre quelqu'un que c'est mieux qu'avoir l'objet ».

Mais... et les librairies, en France ? « J'espère que vous resterez toujours comme cela ! Vous êtes le meilleur exemple que j'ai vu. Ici, contrairement aux États-Unis, il ya de la qualité au niveau du personnel, les libraires sont capables de vous renseigner. Ils sont très cultivés, lisent énormément.

J'étais impressionné, c'était très intéressant d'aller à leur rencontre, je pense qu'ils sont, un par un, à la base du succès de mon livre. C'est quelque chose que nous n'avons pas aux USA
. »

Petit problème de référentiel...

Alors, évidemment, la loi a simplement été adoptée par le Sénat, et bon nombre de choses restent encore à découvrir.

Et surtout, David analyse cette législation du point de vue anglo-saxon. En l'absence d'un prix fixe pour un livre papier, une loi portant sur une oeuvre numérique, pour en fixer le prix, comme le contrat d'agence tend à le faire, n'a pas vraiment grand sens. Bien évidemment...