De faibles droits numériques dissuasifs pour les écrivains en herbe

Clément Solym - 19.08.2011

Edition - Société - graham - swift - auteur


Selon Graham Swift, écrivain récompensé par le Man Booker Prize en 1996, les trop faibles droits d’auteur numériques reversés pourraient dissuader les jeunes auteurs et les pousser à renoncer à l’écriture.

Si le passage au numérique n’implique pas de changement fondamental pour le lecteur, ce n’est malheureusement pas aussi simple pour l’auteur. « Les auteurs touchent déjà un profit très minime sur leurs livres et je pense qu’il y a un risque pour qu’ils gagnent encore moins dans le monde des ebooks, à moins qu’ils soient vigilants dans la protection de leurs intérêts. » (via The Bookseller)


Une telle vigilance demande une implication totale de l’écrivain dans le processus d’édition et autant de complications pour d’aussi faibles revenus pousseraient certains auteurs à abandonner leurs travaux. « Je n’envie pas le jeune aspirant-écrivain en ce moment et je dois dire que le livre numérique en l’état actuel me paraît menaçant pour leur subsistance, parce que les moyens de rémunération d’un auteur d’ebooks sont encore très flous. »

Demain, il pleut

Graham Swift n’est pas des plus optimistes quant à l’amélioration de la situation : « Je pense que la tendance va s’accentuer et que les auteurs seront payés à l’avenir encore moins qu’ils ne le sont aujourd’hui. Malheureusement, cela signifie que certains écrivains potentiels vont renoncer à écrire, car ils ne pourront pas vivre.

Alors, le monde sera appauvri des livres qu’ils n’écriront pas. »


L’auteur reproche par ailleurs aux éditeurs de profiter de la situation pour faire du profit sur le dos des auteurs. Il est plus difficile de monnayer la valeur d’un livre lorsqu’il est immatériel. À ce propos, la polémique fait toujours rage sur le prix du livre numérique (notre actualitté).