De Fifi Brindacier à Lena, Karl et les enfants Corneille

Clément Solym - 22.03.2011

Edition - Les maisons - littérature - nordique - jeunesse


Ingrid Olsson, Maria Parr et Bodile Bredsdorff, trois auteures nordiques de littérature pour la jeunesse, nous ont présenté leurs personnages…

Trois romans, trois univers très différents…

Commençons avec Maria Parr. Dans Cascades et gaufres à gogo (Thierry Magnier), la jeune norvégienne met en scène un duo d’enfants. Un garçon et une fille, le premier plutôt timide et réservé, la seconde au caractère bien frappé et emmenant son compagnon dans les pires bêtises et les plus belles aventures. « Il est vrai qu’elle correspond plus à l’héroïne stéréotypée, genre Fifi Brindacier » avoue-t-elle (nous rappelons que Fifi est suédoise).


Tous les garçons et les filles de mon âge…

Quand on l’interroge sur le choix des personnages elle se justifie : « Le plus important pour moi, c’était que les petites filles autant que les petits garçons puissent apprécier le livre ».

Jean-Baptiste Coursaud, le traducteur de Maria Parr, évoque les difficultés qu’il a rencontrées pour Cascades et Gaufres. « Dans le livre, Maria utilise beaucoup le dialecte de sa région, qu’il est difficile de représenter. Elle invente aussi beaucoup de néologismes. Il y en a peut-être 200 ou 300 rien que dans ce livre. On ne peut pas les reproduire à l’identique, alors j’invente des mots en français, mais je les places à d’autres moment, sinon ça ne marche pas. »

La traduction restitue bien l’univers de l’enfance. Maria Parr explique d’ailleurs que son principal souci est de ne pas trahir « l’oralité du langage des enfants ».

Aborder le deuil

L’auteure suédoise Ingrid Olsson, de son côté, produit des livres très différents. Son roman Derrière la porte (édition La joie de lire) nous plonge dans un univers beaucoup plus sérieux. En effet, elle y parle du deuil, en évoquant le cas d’un jeune garçon adolescent qui voit sa grand-mère mourir d’un cancer. Le livre raconte les dernières semaines passées à l’hôpital et la difficulté de la vie familiale. « Mes personnages sont inattendus » explique-t-elle, « je ne les ai pas pensés à l’avance. Je ne me suis pas posée la question du féminin ou du masculin, le choix s’est fait un peu par hasard. Mais c’est vrai que c’est une question intéressante. »


Karl, le personnage principal, est introverti, sensible. Il vit une période difficile, mais un second personnage apparaît très important : sa jeune voisine. Plus forte, plus joyeuse et pleine d’assurance, elle va l’aider à traverser cette période. Encore une fois et bien que les deux ouvrages soit complètement différents, on retrouve le schéma du garçon réservé et de la fille très extravertie qui va le sortir de son enfermement, déjà présent chez Maria Parr.

L’attrait de la jeunesse (pour la jeunesse)

C’est au tour de Bodile Bredsdorff, écrivain danois, de présenter son œuvre. Les enfants de la baie aux corneilles (Thierry Magnier) est un ensemble de quatre romans. Il raconte les destins de personnages adultes, enfants et adolescents regroupés au sein d’une petite communauté et vivant dans un lieu isolé.


L’aventure a commencé avec l’histoire de la fille Corneille, qui vivait seule avec sa grand-mère dans la baie. Le temps passant, d’autres personnages sont arrivés, ce qui permet à l’auteur de renouveler son intrigue. « J’aurais pu m’arrêter avec l’histoire de la fille Corneille, mais je me suis attachée à cette univers, c’est pourquoi j’ai inventé de nouveaux personnages pour pouvoir continuer mon récit. »

D'autre part, elle explique que ces romans sont recentrés sur des personnages principaux âgés d’environ douze ans. Quand le réalisme du récit les fait grandir et entrer dans l’adolescence, Bodile Bredsdorff s’en détache et passe à d’autres visages plus jeunes. « Je ne veux pas traiter la période de l’entrée dans la sexualité » se justifie-t-elle.