De la farce Botul au filet mignon BHL : vous en reprendrez bien une tranche...

Clément Solym - 20.02.2010

Edition - Société - farce - Botul - filet


C'en est trop ! Mais de quel droit s'en prend-on à BHL ? Comment un tel apport à la pensée française - une branche levinassienne moderne pourrait-on dire - peut-il être malmené de la sorte ? N'est-il pas justice que l'homme acculé fasse feu de tout bois et sévisse pour rétablir l'ordre là où le Nouvel Obs n'a semé que le chaos ? (voir le papier chez BibliObs)

Qu'il tacle sévèrement, mais justement Pierre Assouline qui a annoncé son désir de critiquer sans lire ?

De la naissance à la Reconnaissance

Mais enfin, diantre, ne doit-on pas à ce Socrate moderne d'avoir aiguillonné le public en hissant la farce Botul au rang filet-mignon ? Lors de la réunion de l'association des amis de Jean-Baptiste Botul, il a même été vivement question d'estimer que, puisque BHL avait fait de Botul un être pensantcertes, mais existant surtout, après tout, son existence méritait peut-être d'être validée ? L'essence précéderait-elle l'existence ? Si fait ! Oui da ! Et à dada sur mon concept !

L'association devant le seul portrait (officiel) de Botul

« C'était marrant cinq minutes, ça me fait moins marrer maintenant », expliquait, chez Demorand, l'homme qui a vu la lumière - et dont nous, prisonniers de nos chaînes et de la caverne, préférons nous détourner. Moins marrant et même pestilentiel, voire glauque, cette affaire.

Ah, oui, c'est certain, se faire mettre le nez dans ses excrits-ments, cela n'a rien de jouissif. Citons pour l'occasion un de nos lecteurs, qui aura gentiment résumé la situation actuelle : « Là, nous assistons a une gueguerre "reseau contre reseau" et a ce jeu la, forcement, BHL s'en sort très bien. Rien que cela justifie que l'on ne lâche pas les mollets de ce roquet prétentieux en carton pate. »

Pas de fumiste sans feu

Non, rien, en effet. Et ce n'est pas l'homme qui est mis au banc des accusés, contrairement à ce qu'il voudrait faire valoir : c'est tout à la fois son mode de travail, et par conséquent sa pensée. Oh, il a eu beau jeu, hier d'orienter le débat vers le second ouvrage, celui de 1300 pages, qui n'évoque pas Botul, justement pour tenter de détourner l'attention. Mais voilà : on n'enfume pas ainsi la situation. Bien au contraire : si l'on enfume, c'est qu'il y a feu. Un incendie que l'on n'est pas près de laisser s'éteindre.

N'oublions donc pas, à ce titre, le communiqué que la SDR du Nouvel Obs a fait paraître jeudi.
« Devant la servilité dont une grande partie de la presse française a fait preuve vis-à-vis de Bernard-Henri Levy pris en flagrant délit d'amateurisme philosophique, la Société des rédacteurs du Nouvel Observateur se félicite de la tenue morale et professionnelle du journal. À l'origine d'une révélation reprise par la presse internationale, le Nouvel Observateur a démontré son indépendance. »
Guerre de réseau ? Ouais. Chasse à l'homme ? Sûrement pas.

Pris en flagrant délit de copier-coller aveugle, il restera toujours cette phrase de Didier Porte pour résumer la situation (merci cent fois, Didier, pour cette si stupéfiante synthèse) : « Bernard-Henri qu'est-ce qu'il a l'air couillon, par la barbe de Spinoza ? »