De la lecture de livres sauvés de l'incinération aux Editions du Géant

Clément Solym - 04.09.2011

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Dans l’actuel tourbillon qui emporte les maisons d’édition, avec une rentrée littéraire qui bat son plein, Gérard Demarcq, auteur et fondateur des éditions du Géant semble bien éloigné de ces préoccupations.

Originaire de Lille, il n’est pas né dans l’édition. « J'étais ouvrier, je brûlais des ordures ménagères pour un syndicat intercommunal », explique-t-il à l’AFP. La vocation, il l’a trouvée dans un lieu insolite : l’usine d’incinération où il travaillait, qui recevait de gros stocks de livres. Et lui ont donné envie de reprendre le fil de ses lectures.

« C'était dans les années 70, il y avait des bibliothèques entières jetées, j'avais de tout, aussi bien de la littérature philosophique que Détective, je lisais tout ! », précise-il. Et l’histoire se met en route : les anciens mineurs de la région, travaillant dans l’usine, le sollicitent. Qu’il leur lise donc, ces ouvrages dans lesquels il se plonge !


Ce sont d’abord des lectures, et progressivement, la confiance vient, et il invente ses propres histoires. Et le public grandit, au point qu’il lui faut arrêter ces séances publiques.

Et la consécration, il la reçoit après que deux de ses manuscrits sont envoyés à des concours de nouvelles, organisés par le journal, La Voix du Nord, qu’il remporte tous deux. Il publie alors dans une maison locale, vend 6000 exemplaires, et décide, après la fermeture de l’établissement, d’ouvrir sa structure.

Il a 60 ans, et pour rendre hommage aux géants des défilés du Nord, « qui portent haut la tradition de l’Art de la Fête en notre région », il fonde les éditions du Géant. Il y publie ses livres, et depuis fin 2010, sept ouvrages en sept mois sont proposés dans les librairies.

Et toujours ses livres. D’ailleurs, le site internet l’assure : « Les Éditions du Géant, dans un premier temps, ont pour unique vocation l’édition des romans de Gérard Demarcq-Morin, et ne désirent pas recevoir de manuscrits provenant d’un autre auteur. »

« Quand j'écris, il faut que je m'embarque moi-même. » Et l'homme de conclure : « Je ne cherche pas la gloire et la reconnaissance, mon premier plaisir, c'est la recherche, c'est le chemin. Une fois mon livre fini, je me trouve tout con. »