De la liberté de culte à la discrimination des homosexuel(le)s ?

Clément Solym - 07.04.2015

Edition - International - discrimination homosexualité - Indiana législation - Hachette Book Group


L'État de l'Indiana a dévoilé, la semaine passée, une modification substantielle de sa législation sur la liberté religieuse. Les sociétés du territoire n'ont désormais plus le droit de refuser leurs services aux personnes en se basant sur l'orientation sexuelle ni d'autres discriminations de type ethnique ou religieuse. Un changement presque ahurissant, tant il semble ancré dans un monde archaïque.

 

 

Lafayette, Indiana OUTFest

Rob Slaven, CC BY NC SA 2.0

 

 

Originellement, la législation voulait protéger la liberté religieuse, et se présentait comme la Religious Freedom Restoration Act. Cependant, ses opposants ont affirmé rapidement qu'elle aurait pour conséquence de frapper les homosexuels. Particulièrement controversé, ce projet législatif avait été signé fin mars par le gouverneur de l'État. Or, dans sa première rédaction, les militants pro-LGBT affirmaient que la loi favoriserait la discrimination, au lieu de la combattre. 

 

L'idée aurait été que toute croyance religieuse aurait permis de refuser un service, une vente, ou quelque chose du genre, si l'homosexualité entrait en conflit avec leurs valeurs religieuses. La levée de boucliers était immédiate, et un flot de critiques déferlait contre cette législation. Le revirement des parlementaires aura donc été salutaire et, surtout, apprécié par deux grands acteurs de l'édition.

 

Ainsi, Hachette Book Group et Penguin Random House ont diffusé, chacun de leur côté, un communiqué pour saluer la décision des législateurs de l'Indiana. « Nous sommes tous ensemble favorables à la diversité et l'égalité, dans chacun de nos lieux de vie, et pour la liberté d'expression dans les livres que nous publions. Nous continuerons de nous opposer fermement à toute discrimination, quelle que soit la base sur laquelle elle repose, y compris l'orientation sexuelle ou l'identité », assure PRH.

 

De son côté, HBG accueille avec plaisir la décision de l'État, qui « interdit expressément la discrimination » fondée sur ces principes. « Nous sommes reconnaissants envers nos collègues et auteurs qui ont clairement évoqué cet important sujet. HBG emploie 285 personnes dans son centre de distribution de Lebanon. Récemment, le groupe a signé une déclaration de la Human Rights Campaign, pour affirmer auprès des législateurs de l'Indiana, et à travers tout le pays, que nous nous opposions fermement aux dispositions de la Religious Feedom Restoration Act, qui permettent de discriminer une personne ou un groupe. »

 

Plusieurs villes de l'État disposent déjà de législations tentant de favoriser l'égalité entre les personnes, tout en préservant et protégeant la liberté de culte. Les dérives que les opposants ont notées dans le projet de loi fédérale n'étaient manifestement pas prévues. 

 

(via Publishers Weekly)