De nouveaux murs pour une antique bibliothèque de Sarajevo

Julien Helmlinger - 20.01.2014

Edition - Bibliothèques - Sarajevo - Gazi Husrev-begova - Bibliothèque


2014 marquera l'année du centenaire de l'Attentat de Sarajevo, désormais considéré comme l'un des événements déclencheurs de la Première Guerre mondiale. De son côté, la capitale de Bosnie-Herzégovine célébrait vendredi dernier l'inauguration de la bibliothèque Gazi Husrev-begova. Baptisée du nom de l'un des fondateurs d'une antique institution, elle fut détruite au cours de la guerre de 1992-1995. Le nouveau bâtiment se destine à la conservation de précieux manuscrits islamiques qui ont pu être sauvés du sinistre par les habitants.

 

 

 Crédits : Bibliothèque Gazi Husrev-begova

 

 

En août 1992, la guerre faisant rage entre diverses ethnies à la suite de la dislocation de la Yougoslavie, une bombe incendiaire régla son compte au bâtiment qui hébergeait à l'origine la plus importante collection bosniaque de manuscrits anciens depuis 1537. Fort heureusement pour ces oeuvres rares, dont la plus ancienne écrite en arabica daterait de 1106, les habitants de Sarajevo avaient pris soin de les cacher en huit endroits différents. Les 500 ouvrages jugés les plus importants avaient notamment pu être mis au frais des coffres d'une banque locale, et la collection fut ainsi préservée malgré le siège de la ville. 

 

Avec le soutien financier du Qatar, qui a injecté près de 6,5 millions d'euros dans le projet, les nouveaux locaux ont pu être construits en plein coeur du Bascarsija, vieux quartier de Sarajevo. Ils serviront désormais à la conservation d'une collection de plus de 100.000 oeuvres, dont des manuscrits islamiques très anciens, parmi lesquels certains remonteraient au XIIe siècle. Des ouvrages écrits en arabe pour 60 % d'entre eux, 30 % en turc, tandis que le reste du fonds serait composé en persan et en bosnien.

 

Pour éviter que la destruction ne menace à nouveau cette précieuse collection, la bibliothèque s'active désormais à la numérisation de l'intégralité du fonds, tandis que les copies seront conservées dans trois endroits différents à travers le globe, explique le président du conseil d'administration de l'institution, Ahmed Alibasic. Une nouvelle à laquelle le grand mufti de Bosnie, Hussein Kavazovic, a réagi : « La connaissance est un don de dieu et notre tâche est de la transmettre. »