De quels moyens disposent les librairies pour attirer les lecteurs ?

Auteur invité - 30.10.2019

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Les lieux de vente physiques de livres perdurent, malgré la concurrence numérique. On constate en effet que dans le domaine culturel, ce sont les grandes surfaces et les grandes surfaces spécialisées qui souffrent le plus du développement de la vente en ligne, selon l'Insee. On s’interroge alors sur les raisons et les outils employés par les librairies indépendantes pouvant expliquer ces chiffres, presque constants. 


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Quels outils peuvent faciliter cette transition et comment transformer les concurrences numériques en atout ? 

En 2018, 89 % de la population (au-dessus de 12 ans), affirme utiliser Internet. Les conseils et critiques sur Internet semblent remplacer peu à peu ceux des libraires. Selon les chiffres de l’Insee, la part des ventes de produits culturels en grande surface a baissé de 16 % entre 2004 et 2009. On explique cela par la forte concurrence numérique. En revanche, la librairie indépendante semble toujours trouver son public.

En 2017, Guillaume Husson, délégué général du syndicat des librairies françaises, observe même une hausse des ventes de 2,7 % par rapport à 2015. Il semble donc que le contact, le plaisir que peut ressentir le lecteur en pénétrant et fouillant dans la librairie et le service qu’il y trouve soient toujours des arguments majeurs qui pèsent sur son choix. 

Dans l’intention d’attirer plus de clients, certaines stratégies sont régulièrement mises en place par les librairies. Développer son image de marque par sa communication et ses événements devient indispensable pour fidéliser sa clientèle.

Ainsi, les libraires multiplient les séances de dédicaces, les tables rondes ou les rencontres entre les auteurs et leurs publics. Il s’agit d’un moyen efficace d’attirer des lecteurs (et donc potentiels clients) dans leur librairie. On le constate à travers les chiffres impressionnants que peuvent réaliser ces événements. On note par exemple les 400 personnes inscrites pour la dédicace d’Éric Zemmour à la Nouvelle Librairie en septembre 2018, ou encore les 200 lecteurs inscrits pour rencontrer Amélie Nothomb lors de sa dédicace à Pau en novembre 2018

Bien que ces chiffres ne soient pas totalement exacts – car il est impossible de prévoir le nombre d’inscrits à un événement sur les réseaux sociaux qui sera effectivement présent lors de la rencontre –, ils donnent une petite idée de l’attractivité que peuvent représenter ces événements.
 

Favoriser le contact et les liens


Ces rencontres vont permettre d’entretenir une relation de confiance. Les auteurs ont le plaisir de passer du temps avec leur public, et les lecteurs ont le sentiment que leurs envies sont écoutées. Pouvoir partager ce moment avec l’auteur est une chance qu’on leur offre. C’est cet équilibre qui permet de faire de la librairie un lieu chaleureux et agréable, où ceux qui la fréquentent se sentent à l’aise et bien traités et, donc, plus à même de dépenser en confiance. 

C’est par les outils numériques que les messages passent désormais le mieux, et les libraires l’ont bien compris. Ils utilisent les réseaux sociaux pour se faire connaître et diffuser leurs événements. Sur Facebook par exemple, de nombreux lieux de vente comme la librairie UOPC ou la librairie Kleber Salle Blanche, annoncent leurs prochains événements ou dédicaces, permettant ainsi d’estimer approximativement le nombre de participants et surtout, d’informer leurs lecteurs sur leurs activités.

On assiste également à la croissance des sites de ventes en ligne comme « la librairie.com », qui réunit les ventes de nombreuses librairies indépendantes. Le développement du « click and collect » (proposer au client d’acheter en ligne puis de venir récupérer ses achats en magasin pour éviter de payer des frais de port), permet également d’attirer le public sur place.

Les annonces de crowdfunding se multiplient et permettent aux librairies en difficulté financière de s’adresser directement à leur public pour demander de l’aide. C’est le cas de la librairie l’Eau Vive à Avignon qui a utilisé la plateforme Ulule en 2017. 

Malgré tous ces efforts, les librairies rencontrent toujours des difficultés, en effet la plupart des lecteurs restent persuadés de payer moins cher sur Internet, malgré la mise en place de la loi Lang en 1981, instituant le prix unique du livre. Changer cette fausse impression fait donc partie des objectifs principaux à atteindre par les professionnels du milieu. 

Les librairies indépendantes perçoivent également des aides de l’État très utiles pour maintenir leur stabilité. C’est dans ce cadre que le Centre National du Livre (CNL) propose son aide – 3,58 millions d’euros ont été dépensés pour la librairie en 2018

par Tran Christiane et Louise Dardour 


Dossier : L'attractivité des librairies, malgré Amazon ou Netflix


Commentaires
Une seconde librairie vient de voir le jour dans ma ville : "des Livres et des Arts". Sise sur une jolie place abritant le marché hebdomadaire, elle attire l'oeil par sa taille (modeste). On y entre pour fouiner ou pour chercher une commande. Le dynamique libraire engage la conversation et...laisse la parole aux lecteurs. Cela devient un "dossier" sur une oeuvre, un auteur, un coup de coeur. Lequel dossier est offert aux clients. La librairie est aussi une galerie d'art, et offre un choix de CD liés à des livres concernant la musique et les musiciens.
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