Débrayage des bibliothèques à Nantes, contre l'ouverture le dimanche

Nicolas Gary - 24.03.2018

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L’ouverture des bibliothèques le dimanche ne passe pas : en protestation contre la volonté de la maire de Nantes, Johanna Rolland, les personnels ont lancé un débrayage ce 23 mars. Et rebelote le week-end prochain. Huit établissements, dont quatre médiathèques, sont concernés.


La médiathèque Jacques-Demy (Le Voyage à Nantes)
Médiathèque Jacques-Demy à Nantes - Jean-Pierre Dalbéra, CC BY 2.0


 

Présentant leur rapport sur l’ouverture des bibliothèques le week-end, Erik Orsenna et Noël Corbin insistaient sur un point : la concertation des acteurs. Erik Orsenna insistait même : « Les projets doivent venir des élus », le rapport en soi n’étant finalement qu’un grand audit, avec quelques propositions. 

 

Manifestement, l’intersyndicale des bibliothèques de Nantes ne s’y retrouve pas dans la démarche de la mairie. De fait, CGT, CFDT, FO, Unsa et CFTC invitent à un débrayage ce jour, réclamant de meilleures compensations pour les agents. 

 

À France Bleu, Valérie Pacaud, de la CGT, explique n’être en rien opposée à l’ouverture dominicale, mais il faut une hausse du taux horaire pour cette journée — la mairie ne proposerait que 4,70 € de majoritation. Et de souligner qu’« à Rennes ou Brest, par exemple, les agents des bibliothèques ont droit à 200 % de récupération horaire, après chaque dimanche travaillé ». 

Un montant dérisoire « par rapport à ce qui se pratique ailleurs, comme à Paris (100 € pour 5 heures travaillées) ou à Brest (récupération double) », indique une syndiquée CGT à Presse Ocean.

 

Planning, récupération, embauches et rémunérations, autant de sujets qu’évoquait le rapport Orsenna sans apporter de réponse. Et l’augmentation de la Dotation générale de Décentralisation, de 8 millions €, ne changera pas vraiment la donne. « C’est absolument clef, parce que chacun doit faire un effort », affirmait Erik Orsenna. 88 millions d’euros en tout à répartir sur le territoire, voilà qui ne pèsera cependant pas bien lourd. 

 

Bibliothèques : que dit le rapport Orsenna
sur les horaires d'ouverture ?

 

Du côté de la mairie, on assure que « le projet nantais ne consistera pas à faire du prêt à la chaîne dans la médiathèque centrale, nous voulons aussi ouvrir dans les quartiers puisque les bibliothèques à Nantes sont le premier réseau de diffusion culturelle avec 600 à 800 animations par an, devenues gratuites comme décidé récemment en conseil municipal ».

D’ailleurs, on admet que le dimanche n’est pas une journée comme les autres : pas question de généraliser le travail des agents ce jour-là. Il ne serait en effet question que de deux dimanches après-midi par an. 

 

Aymeric Seassau, adjoint au maire en charge des bibliothèques, souligne par ailleurs que les syndicats sont dans leur rôle. Et « nous aurons besoin de toute leur mobilisation puisque le gouvernement veut supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Ce n’est pas ce qui se passera à Nantes puisque malgré l’automatisation de l’ensemble du réseau des bibliothèques, nous ne supprimons aucun poste et en créons même trois ».

 

Une paille, indique Valérie Pacaud, pour qui ces trois postes ne font que pallier un manque : en 2013, la médiathèque Lisa s’est en effet ouverte, sans création d’emplois, affirme-t-elle. 

 

Un accueil mitigé pour le rapport Orsenna et ses 19 propositions
 

Le projet est, pour Nantes, de parvenir à ouvrir quatre médiathèques chaque premier dimanche du mois, avec une amplitude horaire élargie pour celle du centre-ville : fermeture le mardi à 20 h. À Ouest-France, la France insoumise explique que la mairie ne fait ici qu’appliquer la volonté du gouvernement.

Ainsi, « la majorité municipale est décidée à faire sauter le repos dominical, au nom de ce que la modernité et la démocratie imposeraient ». Et de dénoncer que l’ouverture des établissements ne saurait se faire, au bénéfice du public, « si la contrepartie doit être une baisse de la qualité du service public, la dévalorisation et la précarisation du travail des agents ». 
 

Hier, c’est à Lyon, Nice ou encore à Reims et Paris que des grèves, suivant le mouvement national ont eu lieu. On en retrouve de nombreux témoignages sur les réseaux : 

 

 

 

 


 




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