Décalogue pour l'Europe de la culture : les tables de la loi gravées

Clément Solym - 09.02.2012

Edition - International - commandements - Europe - Culture


Dix Commandements, cela faisait presque longtemps que l'on ne s'en était pas fait passer. Et c'est à l'occasion du voyage du ministre de la Culture en terres bruxelloises que la rue de Valois diffuse le Décalogue pour l'Europe de la Culture.


Il s'agit là d'une déclaration commune qu'Androulla Vassilliou, Commissaire européenne pour la culture, les médias, l'éducation, la jeunesse et le sport, ainsi que les 22 ministres de l'Union ont approuvée.

Et comme prévu, elle tient donc en 10 points.

 

1 . L'Europe de la culture incarne les valeurs de la démocratie dans l'ensemble des nations de l'Union européenne.


 

2. L'Europe de la culture concourt à l'affirmation de l'identité européenne dans toute sa diversité et pour l'épanouissement des arts et des langues qui en font la richesse.


 

3. L'Europe de la culture assure l'absolue liberté de la création à travers toutes ses composantes et ses manifestations.

 

4. L'Europe de la culture promeut l'accès de tous et de chacun sans distinction de sexe, d'âge, d'origine, de santé ou de condition sociale, aux œuvres de l'esprit, aux expressions de l'art, à l'héritage du patrimoine matériel et immatériel.


 

5. L'Europe de la culture préserve le droit légitime des créateurs et des auteurs à une juste rétribution et le garantit par toutes mesures appropriées contre les menaces de piratage, contrefaçon, vol et utilisation abusive auxquels ils pourraient être exposés.

 


6. L'Europe de la culture favorise la circulation et l'exposition des œuvres, tant à l'intérieur de l'Union européenne qu'au- delà de ses frontières et elle veille au respect juridique et financier de l'action des divers acteurs culturels qui l'organisent et la valorisent.

 


7. L'Europe de la culture établit les bonnes règles de gouvernance de l'économie du marché de l'art et des industries culturelles dans un esprit de complète transparence. Elle participe à l'élaboration des innovations intéressant les pouvoirs publics et les initiatives privées pour garantir leur développement harmonieux à l'abri de tout monopole commercial.

 


8. L'Europe de la culture relève les défis technologiques, financiers et juridiques, induits par la révolution numérique pour le rassemblement et la transmission des œuvres comme pour l'épanouissement de nouvelles formes d'expression artistique.

 


9. L'Europe de la culture appelle au renforcement des programmes scolaires, des pédagogies et des médiations pour l'éducation artistique et la formation des créateurs.


 

10. L'Europe de la culture en soulignant que la création, l'art et la beauté constituent un investissement d'avenir fondamental, à la fois créateur de mieux-être intime et collectif comme d'emplois économiques, engage l'Union européenne à consolider les budgets des programmes culture et média pour répondre aux besoins et aux espérances des Européens.

 

 

Alors à quoi sert-elle ? Eh bien, ce n'est pas évident... Probablement de ligne de conduite pour l'ensemble des pays. Et si on enfreint l'un des commandements, va-t-on en Enfer ? Probablement pas, sauf à croire qu'une Sainte Inquisition puisse vous y plonger.


Une belle déclaration d'intention, dans tous les cas.

 

De fait, ce Décalogue découle d'une proposition émise en mai 2011 par Frédéric Mitterrand, quelques jours avant le G8 de Deauville. Le ministre avait sollicité ses confrères européens pour la mise en en place d'un « décalogue pour la culture en Europe ». Lequel placerait la culture « au coeur du projet européen et s'engage à relever les défis technologiques, financiers et juridiques induits par la révolution numérique ».

 

Nous y sommes donc, le Décalogue est écrit.

 

Ce que l'on en fera reste entier.