Décès d'Elmore Leonard, des suites d'une crise cardiaque

Antoine Oury - 20.08.2013

Edition - International - Elmore Leonard - décès - romans noirs


C'est un maître du roman noir qui disparaît, auteur d'une quarantaine de romans et d'une dizaine de nouvelles, et à l'origine d'une bonne série d'adaptations cinématographiques. Elmore Leonard est décédé ce mardi des suites d'une crise cardiaque, au domicile familial de Detroit, dans le Michigan. Il y a quelques semaines, l'auteur avait fait part de sa bonne santé après une violente attaque.

 


Elmore Leonard.

Elmore Leonard, en 2010 (john levanen, CC BY-SA 2.0)

 

 

Né en 1925, l'écrivain américain se passionna rapidement pour les gangsters et autres hommes et femmes de mauvaise vie, notamment à la vue des nouvelles concernant le sulfureux couple que formaient Bonnie Parker et Clyde Barrow. Dès le milieu du XXe siècle, « Dutch » se fait un nom en publiant à la chaîne des nouvelles policières ou des westerns dans les magazines bon marché, les fameux pulps.

 

Rapidement, la renommée est au rendez-vous pour un auteur dont l'écriture plaît particulièrement au cinéma ou au petit écran : sa nouvelle 3h10 pour Yuma est l'un de ses premiers textes a être transposé par un réalisateur, avec le film du même titre de Delmer Daves en 1953, par ailleurs revu par le Hollywood moderne en 2007.

 

Spécialiste des « crime novels », Leonard s'essaye au genre lorsque l'intérêt pour le western décroît : Hollywood avance 50.000 $ pour les droits d'adaptation de The Big Bounce, qui donnera lieu au passable Une si belle garce, sorti en 1969.

 

Depuis, Barry Sonnenfeld (Get Shorty, 1995) ou Quentin Tarantino (Jackie Brown, 1997, d'après Rum Punch) sont parmi les dizaines de réalisateurs à s'être mesurés aux mots du romancier, récompensé l'année dernière par un National Book Award pour l'ensemble de son oeuvre. Le style du romancier se caractérise par des dialogues percutants, et des libertés plus ou moins importantes prises avec la grammaire américaine, l'un de ses préceptes étant « Si cela ressemble à de l'écrit, alors je le réécris ».

 

Figure incontournable de Detroit, respecté par ses pairs au nombre desquels Stephen King ou Martin Amis, Leonard avait subi une violente crise cardiaque le 29 juillet dernier, qui l'avait laissé très affaibli. Sa famille avait alors annoncé sa retraite dans le foyer familial, pour qu'il puisse passer ses derniers jours entouré de visages familiers.

 

(via The Globe and Mail)