Décès de Bella Akhmadoulina, icône de l'ère Krouchtchev.

Clément Solym - 30.11.2010

Edition - Société - Moscou - Medvedev - poétesse


La poétesse, scénariste et actrice russe s'est éteinte hier, à Moscou. Elle était âgée de 73 ans. « C'est une perte irréparable. Son oeuvre fait partie des classiques de la littérature russe. Nous sommes en deuil », a déclaré le président Dmitri Medvedev.

Bella Akhmadoulina, née le 10 avril 1937 d'un père tatar haut fonctionnaire et d'une mère d'origine italienne, était un symbole de la libération littéraire de la période du dégel.

En 1955, la jeune femme publie ses premiers poèmes dans la revue octobre. Son premier recueil, La corde, est publié en 1962. C'est l'époque d'ouverture culturelle lancée après l'arrivée au pouvoir de Nikita Khrouchtchev et la déstalinisation. Elle se marie en 1954 avec Evgueni Evtouchenko, autre symbole littéraire de cette période de liberté.

Bella Akhmadoulina, à gauche

Sa vie change radicalement avec l'arrivée au pouvoir de Leonid Brejnev en 1964. Les parutions sont rendues difficiles, et elle rencontre des problèmes dans son pays. Commence pour elle une période de résistance. Elle signe ainsi des lettres de soutien à certains dissidents tels Andreï Sakarov.

Elle est aussi une des plumes qui collabore à la parution non autorisée de l'almanach Métropole en 1967, avec Vassili Axionov et Viktor Erofeev. Ce dernier a d'ailleurs déclaré : « Bella était une figure-clé de la génération des années soixante, une plume claire et autonome, une grande poétesse », à l'annonce du décès.

Enfin, Bella Akhmadoulina avait signé en 1993, après la chute du régime soviétique, la « lettre des 42 » qui demandait l'interdiction des mouvements et partis communistes et nationalistes en Russie. La poétesse est décédée d'une crise cardiaque à Peredelkino, dans la banlieue de Moscou.


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