Décès de Bernard de Fallois : cet éditeur hors-norme

Laure Besnier - 03.01.2018

Edition - Société - Bernard de Fallois - Editions Fallois - Décès éditeur


L’éditeur Bernard de Fallois est décédé hier, à l’âge de 91 ans, comme nous le confirme la maison d’édition qu’il a fondée et qu’il présidait. Il avait découvert Joël Dicker, avait publié deux inédits de Marcel Proust, les oeuvres complètes de Marcel Pagnol et avait fait connaître bien d’autres auteurs. 

 
Joël Dicker et son éditeur, Bernard de Fallois
 

 

Bernard de Fallois est né le 9 mai 1926 à Neuilly-sur-Seine. Après des études de lettres, il obtient l’agrégation en 1948 et devient enseignant. Puis, en 1952, il publie chez Gallimard Jean Santeuil et Contre Sainte-Beuve en 1954, deux oeuvres inédites et inachevées de Marcel Proust. 

 

Fort de cette contribution, il entre en 1962 au groupe Hachette. Il aide au développement du Livre de Poche sous la direction de Guy Schoeller, pour ensuite devenir directeur général du groupe. Par la suite, il devint le directeur général aux Presses de la Cité. 

 

En 1987, il fonde sa propre maison d’édition, les Éditions de Fallois, alors qu’il a 61 ans. 

 

Il ainsi pu être l’éditeur de Jacques Perret, Raymond Aron, Jacqueline de Romilly, François Taillandier, Alain Peyrefitte, Vladimir Volkoff, Mgr Lustiger ou encore Robert Merle... Il fut l’ami de Georges Simenon. 

 

Ses livres ont reçu de nombreux prix, le Femina étranger pour Le Royaume interdit de Rose Tremain, ainsi que trois fois le Grand Prix du roman de l’Académie française, notamment pour La Vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker, coédité avec L'Âge d'homme, sa dernière découverte et sa meilleure vente, qui avait aussi reçu le prix Goncourt des lycéens. 
 

Bernard de Fallois était aussi prudent et économe, engageant par exemple quatre personnes à temps plein et deux à temps partiel pour sa maison d’édition à taille humaine. 

Françoise Nyssen a diffusé un message à l'homme et l'éditeur : 
 

Il avait été directeur du Livre de Poche, directeur du groupe Livre/Hachette, puis directeur des Presses de la Cité avant de fonder sa propre maison d’édition en 1987 et d’y publier quelques 800 titres et des auteurs aussi divers et considérables que Marcel Pagnol, Raymond Aron, Jacqueline de Romilly ou encore Fernand Braudel. 

On se souvient aussi qu’en 2012, Bernard de Fallois avait remporté un formidable succès en publiant « La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert » de Joël Dicker, best-seller mondial, couronné par le Grand prix du roman de l'Académie française et le Goncourt des lycéens.

Bernard de Fallois était aussi un grand proustien : c’est à lui que l’on doit la découverte et l’édition des manuscrits de « Jean Santeuil » et du « Contre Sainte-Beuve ». On se souviendra aussi de son essai sur Simenon publié en 1961. Bernard de Fallois fut l’un des tout premiers à soutenir devant un certain milieu littéraire que l’écrivain aux millions de lecteurs était tout simplement un grand écrivain.   

 


Comment repérait-il les bons écrivains ? En 2012, il confiait ainsi au Figaro : « La première qualité d'un romancier est de savoir captiver le public. C'est un don rare ». Un don qui ne peut pas être exposé sans son métier, même si ce dernier disait qu’un éditeur « ne doit pas avoir de personnalité ». Un éditeur devait donc, selon lui, s’ouvrir à toutes les possibilités et toutes les curiosités. 




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