Décès de Binyavanga Wainaina, écrivain et activiste homosexuel kenyan

Cécile Mazin - 22.05.2019

Edition - International - Binyavanga Wainaina - décès - kenya


Binyavanga Wainaina s’est éteint le 21 mai au soir, à Nairobi, des suites d’une maladie. Lauréat du prestigieux prix Caine for African writing en 2002, il comptait parmi les auteurs les plus renommés du continent. C'était aussi une figure de premier plan dans la lutte pour les droits des homosexuels, notamment dans son pays, le Kenya. Un engagement qui lui avait valu en 2014, l’année de son coming-out, d’être sur la liste des 100 personnalités les plus influentes du magazine américain Time. Né en 1971, il était âgé de 48 ans. 

Binyavanga Wainaina speaking at PICNIC '08
(Erik (HASH) Hersman)


Parmi ses textes les plus reconnus, on peut citer son essai mordant How to write about Africa (Comment écrire sur l’Afrique) écrit pour la revue Granta, en réaction à l’un de leurs numéros sur la littérature africaine. On en trouve une traduction française dans l’anthologie L’Afrique qui vient (présentée par Michel Le Bris et Alain Mabanckou). 

L’auteur avait fait la une à travers le monde en publiant en 2014 un texte intitulé I Am a Homosexual, Mum, où il imaginait avouer son homosexualité à sa mère quelques jours avant sa mort. Un texte pensé comme le chapitre manquant à son récit autobiographique One Day I Will Write About This Place (2011).

Il avait décidé de l'écrire en réaction à la promulgation de nouvelles lois anti-homosexuelles, au Nigéria notamment. Il avait également expliqué qu’il souffrait du virus du sida. 

Ses proches ont salué une personne généreuse, intègre et courageuse, dont la contribution aux lettres perdurera. Il était à la tête de Kwani?, une revue qu’il avait créée et qui est devenue par la suite un « réseau littéraire » (literary network) publiant des auteurs de la littérature africaine contemporaine et organisant des ateliers d’écriture et différents évènements. 

Son décès intervient alors que le Kenya doit se prononcer sous peu sur l’abolition des lois de l’époque coloniale qui criminalisent l’homosexualité.


via The Guardian


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