Décès de Charles Bowden, écrivain et journaliste "de premier ordre"

Louis Mallié - 01.09.2014

Edition - International - Charles Bowden - New York Times - Décès


L'écrivain et journaliste américain Charles Bowden a été retrouvé mort à son domicile samedi après-midi près de Tucson, ont rapporté ses proches. Né en 1945 à Chicago et ensuite installé à Las Cruces, au Nouveau-Mexique, il s'était rendu célèbre pour ses reportages sur la frontière États-Unis/Mexique et les cartels de drogue.

 

 

 

 

D'après les proches de l'écrivain, celui-ci était en proie à une toux persistante depuis plusieurs semaines. « Chuck cherchait à se guérir », a expliqué Ray Carrol, ami de longue date de l'auteur, qui rappelle également qu'il avait arrêté de fumer au cours des 4 dernières années. Une autopsie aura donc lieu afin de déterminer les causes exactes du décès. 

 

Décrit par The New York Times comme « l'un des talents les plus authentiques de la littérature américaine contemporaine », Charles Bowden était entré dans l'univers du journalisme après avoir suivi une formation d'historien. Il avait alors accédé à la notoriété grâce à plusieurs enquêtes risquées. On citera par exemple Ciudad Juarez and the Global Economy's New Killing Fields, portée sur la violence régissant les rapports des différents cartels de drogue qui ravageaient la périphérie de Ciudad Juarez.  

 

Parmi ses autres ouvrages on trouvera également Down By the River : Drugs, Money, Murder and FamilyJuárez : The Laboratory of Our Future, ou Blood Orchid : An Unnatural History of America. Une œuvre qui lui avait valu plusieurs prix : en 1996, il avait ainsi été lauréat du Lannan Literary Award for Nonfiction, et en 2011, avait remporté le First Amendment Award du PEN Center USA. Outre ses ouvrages, il publiait également pour divers journaux tels que le Harper's Magazine, le New York Times Book Review, le National Geographic, et Mother Jones ?

 

Les réactions à l'annonce de sa mort ont été nombreuses. «RIP Charles Bowden », a twitté l'écrivain et poète mexicain Luis Urrea. 

 

« Il était de loin de loin le meilleur écrivain avec lequel j'ai jamais travaillé, et un reporter de premier ordre », a commenté de son côté Mark Kimble, ancien éditeur de Charles Bowden. « Plusieurs de ses écrits resteront des références pendant encore bien des années. »

 

En 2013 était parue aux éditions Albin Michel la première traduction française d'un de ses ouvrages, Orchidée de sang, par Bernard Cohen. « Personne n'a jamais écrit sur l'Amérique comme Charles Bowden », avait alors commenté la maison.