Décès de David Servan-Schreiber, emporté par le cancer

Clément Solym - 25.07.2011

Edition - Société - cancer - david - servan


Le docteur et auteur de multiples ouvrages, David Servan-Schreiber, est décédé ce dimanche 24 juillet, âgé de 50 ans. C'est le cancer dont il aura tant parlé, qui a fini par l'emporter, après une lourde rechute.

Anticancer, ce fut une véritable bouffée d'oxygène. Ce livre, publié en 2007, raconte le combat contre le cancer du cerveau qui l'avait saisi. Depuis l'âge de 31 ans, il était atteint, et n'avait pas cessé de lutter et combattre. Et voilà que soudain, la tumeur disparaissait...

Jusqu'en 2010, où la rechute est trop importante, et le diagnostic vital définitivement prononcé : 18 mois, maximum. Selon son frère Franklin, cité par l'AFP : « Mon frère s'est éteint entouré de ses trois frères et de sa mère à l'hôpital des Hautes Falaises, à Fécamp. Il est parti en douceur. Il s'est éteint en paix et sereinement ». Il était cependant « depuis trois jours dans un semi-coma ».

Cependant, David Servan-Schreiber laisse dans ses livres une volonté de lutte, de combattre, mais également de partager cette difficulté de vivre.

Dans son dernier livre, On peut se dire au revoir plusieurs fois, il avait raconté cette conscience de la mort prochaine.


« Tôt ou tard, il allait revenir. Je connaissais les pronostics de mon cancer. Je pouvais retarder l'échéance, gagner des années, presque l'oublier, mais cette fois c'était "the Big One", comme disent les Californiens qui redoutent un tremblement de terre dévastateur. Cette rechute m'a amené à me poser les questions les plus graves, peut-être les plus importantes, de ma vie : si je suis rattrapé par la maladie alors que je pense, mange, bouge, respire et vis anticancer, alors que reste-t-il d'Anticancer ?

C'est pour répondre à cette question que j'écris aujourd'hui. Ce livre est aussi l'occasion, pour moi, de dire au revoir à tous ceux qui ont apprécié mes livres précédents ou qui sont venus m'écouter. Quoiqu'il arrive, j'ai le ferme espoir que cet au revoir ne sera pas le dernier. On peut se dire au revoir plusieurs fois.
»


Mise à jour :
Depuis sa page Facebook, les éditions Robert Laffont ont publié un hommage
Nicole Lattès,
Leonello Brandolini,
tous les collaborateurs des éditions Robert Laffont
sont profondément affectés par la disparition de
David Servan-Schreiber.


Ils tiennent à rendre hommage tout autant à l'homme respecté qu' à l'auteur estimé, qui a su mettre son combat personnel au service des autres.
Leurs pensées vont à sa femme, ses enfants, sa mère et ses frères, qui ont su l'entourer jusqu'à la fin.