Décès de François Cavanna, "homme libre" salué par Aurélie Filippetti

Julien Helmlinger - 30.01.2014

Edition - International - Décès - François Cavanna - Aurélie Filippetti


L'écrivain populaire François Cavanna, auteur d'ouvrages comme Les Ritals et qui avait notamment fondé les journaux Hara Kiri ainsi que Charlie Hebdo, est décédé ce mercredi soir à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil. Selon son entourage, il se trouvait hositalisé suite à une fracture du fémur et aurait souffert de complications pulmonaires. La ministre Aurélie Filippetti n'a pas tardé à rendre hommage à celui qu'elle décrit comme un « homme libre ».

 

 

 Creative Commons, Wikipedia

 

 

Grandes moustaches blanches, indignations tonitruantes, humour bête et méchant, la France a perdu une de ses icônes. François Cavanna est né en 1923 à Paris, d'un père italien et d'une mère française. Il a grandi ensuite à Nogent-sur-Marne, une période qui lui inspirerait plus tard son livre biographique intitulé Les Ritals. En 1943, il connut ensuite le rafle du Service du Travail Obligatoire, vers Berlin, et puis les camps, qui le pousseraient à écrire Les Russkoffs.

 

En 1960 il fondait le mensuel humoristique Hara Kiri, avec Georges Bernier, un titre qui ne s'embarrassait pas de tabous mais préférait laisser les jeunes talents tirer sur tout ce qui bouge. Avec des contributeurs comme Reiser, Cabu et Wolinski... et des procès de presse. En 1970 Hara Kiri laissait finalement sa place à Charlie Hebdo, après une interdiction de publication.

 

Des livres, il en a publié une soixantaine, des romans, des essais, des parodies et des pamphlets, juqu'à Lune de Miel, son dernier ouvrage publié en 2010, dans lequel il raconte son combat contre la maladie de Parkinson. Tandis que le journaliste et écrivain Denis Robert préparait un film sur Cavanna, les personnalités politiques lui ayant rendu hommage se sont succédées aujourd'hui. 

 

Par le biais d'un communiqué de presse, la ministre Aurélie Filippetti a rendu son hommage :

 

Cavanna était un homme libre, un résistant aux conformismes et au prêt-à-penser, un autodidacte défenseur de la langue française.

Pour la plupart d'entre nous, le nom de Cavanna évoque d'abord le fondateur de Hara-Kiri, puis de Charlie Hebdo, autrement dit un esprit libre, audacieux, novateur pour qui le rire, l'humour, la caricature étaient autant d'armes pour tourner en dérision tous les conservatismes.

"La France est ma mère. L'Italie, ma sœur" disait ce Rital irrévérencieux dont la plume a si bien su porter les valeurs de la République et la langue française dont il s'était épris sur les bancs de l'école républicaine.

Romancier, essayiste, pamphlétaire, l'auteur des Ritals et des Russkoffs s'était peu à peu forgé une langue qui lui ressemblait : drôle et truculente, audacieuse et surprenante, une langue vraiment vivante : la langue de la République qui avait accueilli et intégré son père, maçon italien, héros véritable du récit de son enfance.

Cavanna a été pour moi et restera, une référence, une source d'inspiration.

Toujours prêt à batailler contre toutes les formes d'injustice, c'était un homme vraiment attachant, souvent inspiré et toujours émouvant.

 

 Bertrand Delanoë, maire de Paris, a également diffusé un communiqué : 

 

J'apprends avec beaucoup de tristesse la disparition de l'écrivain, journaliste et dessinateur humoristique François Cavanna.

Véritable pionnier de la presse satirique d'Après-Guerre, il avait notamment fondé en 1960 avec le Professeur Choron – alias Georges Bernier - le très irrévérencieux mais salutaire journal Hara-Kiri, dans une France peu coutumière d'une telle liberté de ton. Touche-à-tout de talent, irrespectueux bienveillant et doté d'un exceptionnel sens de l'ironie, François Cavanna, à qui on doit aussi la création de Charlie-Hebdo, était avant tout un inlassable chantre de la liberté, amateur de bons mots et amoureux de la vie.

 A sa famille et à ses proches, j'adresse au nom des Parisiens ainsi qu'en mon nom personnel l'assurance de mes condoléances les plus sincères.

 

 

On pourra également retrouver, avec humour, deux interventions de Cavanna, proposé par l'INA :