Décès de Georges Moustaki, chanteur, peintre et écrivain

Antoine Oury - 23.05.2013

Edition - Les maisons - Georges Moustaki - mort - chanteur


Giuseppe Mustacchi, véritable nom de Georges Moustaki, s'est éteint aujourd'hui à côté de Nice, où il était en convalescence après une lourde opération. Souffrant depuis plusieurs années d'une maladie respiratoire, l'auteur du Métèque ou de Milord venait d'avoir 79 ans. Il laisse derrière lui une bibliographie conséquente, qui permettra de retracer sa carrière.

 


Georges Moustaki, Michiel Hendryckx, CC BY-SA 3.0

 

 

Né à Alexandrie en 1934 dans une famille juive et grecque, Giuseppe Mustacchi est au croisement de plusieurs univers culturels, et découvre rapidement l'écriture et la langue française, qu'il choisit pour la chanson. En 1958, il rencontre Édith Piaf et rédige son premier hit, Milord. Le succès est là et Moustaki rédigera ensuite pour les plus grands, de Reggiani à Barbara.

 

Il mène également sa propre discographie avec une énergie sans limites, totalisant une trentaine d'enregistrements studio et live. En 1989, il publie son premier livre, Les Filles de la mémoire, un recueil de souvenirs préfacé par l'écrivain brésilien Jorge Amado. Il sera suivi par d'autres ouvrages autobiographiques, d'entretiens ou encore de mémoires.

 

Mais Moustaki s'est également essayé au roman, avec Petite rue des Bouchers, publié en 2001 chez De Fallois, pas totalement fictionnel :

Le bel Alexandre trouve un emploi de pianiste de bar au Grenier, situé Petite rue des Bouchers dans le quartier chaud du Bruxelles des années cinquante. Craquant comme un jeune tendron, il aime la vie, la musique et les femmes. Et celles-ci le lui rendent bien : Alexandre finit rarement seul la nuit dans sa chambre de bonne ouverte à tous les courants d'air et toutes les amourettes... Il y a "Elsa, la shampouineuse, Paloma la barmaid, Marie-Louise l'étudiante, Joséphine la courtisane, Leila la favorite, Betsy la Flamande, Gisèle la vendeuse de journaux..." Et perché sur son tabouret, Alexandre assiste à tous les petits trafics et conversations indiscrètes des malfrats à la petite semaine. Tolérant et insouciant, Alexandre a toujours une oreille qui traîne et un bon mot pour chacun. Mais une mort suspecte, une disparition et un incendie criminel vont bouleverser son univers interlope. Comme l'écrit Georges Moustaki lui-même, "toute ressemblance avec des faits réels n'est absolument pas fortuite..." C'est dans le Bruxelles des années cinquante qu'il a découvert "le monde de la nuit, de la pègre, de la drogue, de la prostitution et du jazz...

Le chanteur avait récidivé en 2006 avec Sept contes du pays d'en face (Actes Sud). Georges Moustaki ne maniait pas uniquement le stylo, mais aussi le pinceau.