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Décès de Giancarla Mursia, la Dame de fer de l'édition en Italie

Nicolas Gary - 26.03.2016

Edition - International - Giancarla Mursia - édition Italie - Federico Motta éditeurs


Elle était surnommée « La Dame de Fer » dans le monde de la culture. Giancarla Mursia Re est décédée à l’âge de 95 ans, dans la ville de Milan. Elle dirigea durant de nombreuses années la maison d’édition Ugo Mursia, fondée avec son mari qui lui avait donné son nom. Une grande figure de l’édition italienne s’en est allée.

 

Giancarla Mursia Re - Entretien de 1983

 

 

Originaire de Turin, elle avait présenté une thèse en philosophie sur L’esthétique psychanalytique. Après la mort de son époux en 1982, Ugo, Giancarla Mursia Re avait poursuivi la gestion de la société, avant de la quitter en 1990. Outre des implications dans la vie politique milanaise – elle fut conseillère à l’éducation, au sein du conseil municipal – elle obtint la Grande Croix de l’Ordre du Mérite, au rang de Chevalier.

 

Dans sa collaboration avec son époux, elle avait le rôle que lui-même détestait : celui de parler avec la presse, d’assumer les interviews, dans les journaux ou à la télévision. Lui rêvait de devenir bibliothécaire, elle de se consacrer à l’enseignement : ils se retrouvèrent alors dans une maison d’édition. Elle fut par ailleurs la première femme à présider l’Association des éditeurs italiens, en 1995.

 

L’actuel président, Federico Motta, lui a rendu hommage dans un communiqué. « Giancarla fut ma présidente. Une femme très active et passionnée, qui était toujours prête à accepter les défis et incarner la figure de référence pour l’édition tout entière. Avec sa présidence, a commencé le voyage qui a conduit l’AIE à disposer d’une large représentation. »

 

Elle prit également en charge la traduction d’œuvres issues du français ou de l’anglais, notamment dans la littérature jeunesse. 

 

 

 

C’est elle qui découvrit notamment Giulio Bedeschi, en publiant en 1963 Centomila gavette di ghiaccio, qui s’est écoulé à plusieurs millions d’exemplaires – et adapté au cinéma. Ce roman autobiographique raconte l’expérience durant la Seconde Guerre mondiale d’un médecin lieutenant, Italo Serri, le pseudonyme de l’écrivain. (traduit par Vérène Colombani et publié en 1974 chez Flammarion).

 

Elle créa également la Biblioteca del Mare, qui réunit un catalogue de 400 livres essentiels, des classiques parmi lesquels les ouvrages de Joseph Conrad.