Décès de Gisèle Halimi, grande figure féministe

Camille Cado - 28.07.2020

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Après avoir consacré sa vie à la cause des femmes et au droit à l’avortement, Gisèle Halimi, femme politique et avocate de profession, est décédée ce 28 juillet 2020, à l’âge de 93 ans. Elle était notamment connue pour avoir fondé le mouvement féministe « Choisir la cause des femmes » en 1971 aux côtés de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand, entre autres. 
 

 

C’est l’un de ses trois fils, Emmanuel Faux, qui a annoncé la nouvelle. « Elle s’est éteinte dans la sérénité, à Paris » a-t-il déclaré à l’AFP, avant de souligner qu’elle avait eu « une belle vie ». 
 


Née le 27 juillet 1927, à La Goulette en Tunisie, Gisèle Halimi a étudié à la faculté de droit et de lettres de Paris et à l’Institut d’études politiques de Paris avant de revenir à Tunis et s’inscrire au barreau de Tunis en 1949. Elle poursuit ensuite sa carrière dans la capitale française en 1956. 
 

Son combat pour criminaliser le viol et légaliser l’avortement
 

En tant qu’avocate des droits des femmes, elle se fait notamment connaître lors du procès emblématique de Bobigny, en 1972, où elle défend Marie-Claire, une jeune fille de 16 ans, jugée pour avoir avorté suite à un viol, et dont elle obtient la relaxe. Ce procès, qui a eu un retentissement important, est considéré comme un premier pas vers la loi Veil, votée deux ans plus tard. 

Gisèle Halimi a également été l’une des avocates d’Anne Tonglet et Araceli Castellano, deux jeunes femmes victimes d’un viol collectif. L’Affaire connue sous le nom de « Tonglet Castellano » a contribué à l’adoption d’une nouvelle loi en 1980 redéfinissant le viol et l’attentat à la pudeur.

L’avocate a également été l’une des signataires du Manifeste des 343 déclarant avoir avorté et réclamant le libre accès aux moyens anticonceptionnels et l’avortement libre. Un combat, qu’elle poursuivra à l’Assemblée ; en tant qu’élue députée de l’Isère, avec la loi Roudy sur le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), voté en 1982.

 

 


Outre la cause féministe, Gisèle Halimi a également milité pour l’indépendance de la Tunisie et de l’Algérie. À partir de 1960, elle prend la défense de Djamila Boupacha, militante du Front de libération nationale algérien, qui, arrêtée pour tentative d’attentat à Alger a été victime de torture et de viols par des soldats français. Des faits qui seront racontés dans un ouvrage coécrit avec Simone de Beauvoir en 1962 et intitulé Djamila Boupacha (Gallimard). 
 

LIVRE AUDIO : Comédiennes et chanteuses
racontent la lutte des femmes


Ses ouvrages font échos à ses multiples combats, dont la reconnaissance du viol comme crime et la légalisation de l’avortement. Parmi ces nombreux titres, La cause des femmes publié 1973 aux éditions Grasset, Avortement, une loi en procès (Gallimard, 1973), Le procès de Bobigny : choisir la cause des femmes, préfacé par Simone de Beauvoir paru aux éditions Gallimard, et Ne vous résignez jamais, un essai autobiographique publié chez Plon en 2009. 

Elle publie son dernier titre en 2011, Histoire d’une passion (ed. Plon). Dans cet ouvrage, l’avocate alors âgée de 84 ans revient sur son rôle de grand-mère et sur la passion qu’elle voue à sa petite-fille. 

Photographie : Gisèle Halimi (Olivier Tétard, CC BY SA 3.0)




Commentaires
Fille parmi plusieurs garçons, elle a dû batailler pour poursuivre des études, la mentalité d'alors ( et du lieu) donnant la priorité aux" mâles", fussent-ils des cancres finis !Condoléances à sa famille et à ses proches.
Faire du viol un crime est un acte féministe politique ; brandir des pancartes de haine, non.
C'est marrant comment à son époque Gisèle Halimi était détestée et beaucoup d'hommes la considéraient comme une "féministe extrémiste". Elle a même reçu des crachats et a été menacée lors du procès de Bobigny. Maintenant qu'elle est décédée, elle est une "bonne féministe", sûrement parce qu'elle ne peut plus rien dire à l'inverse de celles qui "brandissent des pancartes de haine". Je peux vous garantir que les propos tenus par Gisèle Halimi lors de certaines interviews étaient étrangement semblables à ceux d'Alice Coffin. Rien ne change à part la forme. Le combat continue, n'en déplaise à certains chouineurs qui se sentent attaqués. les féministes n'ont pas à s'occuper du fragile égo des hommes.
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