Décès de l'académicien Jean Dutourd, l'iconoclaste

Clément Solym - 18.01.2011

Edition - Société - jean - dutourd - academie


C'est à son domicile parisien que l'Académicien Jean Dutourd est décédé, hier soir, âgé de 91 ans.

L'Élysée dans un communiqué a rendu hommage à un écrivain dont Nicolas Sarkozy « a appris avec tristesse le décès de Jean Dutourd. Il tient à saluer la mémoire de cet iconoclaste des lettres françaises ». Et d'ajouter : « Chez Jean Dutourd, résistant et intime de Gaston Bachelard, la provocation n'a jamais éclipsé l'engagement et la profondeur de la pensée. »

L'Académicien avait pris pour cheval de Bataille, une certaine bêtise, rapporte l'AFP : « Nous sommes, sans aucun doute, beaucoup plus bêtes aujourd'hui qu'il y a cent ans. Et d'une tout autre bêtise, expliquait-il. Celle du XIXe siècle était cartésienne... C'était une bêtise d'idées. Aujourd'hui, il n'y a plus d'idées, la bêtise est toute nue, fondée sur le vocabulaire : on dit n'importe quoi, du charabia, des choses qui n'ont pas de sens. »

Jean Dutourd avait publié en 1946 Le complexe de César, en 1946, qui obtint le prix Stendhal. Conseiller littéraire chez Gallimard, il travailla comme éditorialiste et critique dramatique pour France Soir. Un autre roman, Au Bon Beurre, avait été couronné du prix Interallié en 1952.

31e Immortel, il fut admis le 30 novembre 1978 alors que le 14 juillet de la même année, son appartement avait explosé. « Il put constater par la suite combien Voltaire voyait juste en affirmant que cette Compagnie “est toujours une espèce de rempart contre les fanatiques et les fripons”. »