Décès de l'écrivain autrichien Werner Kofler

Clément Solym - 12.12.2011

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Werner Kofler, l'une des grandes figures de la littérature contemporaine d'Autriche, est décédé jeudi  à 64 ans, à Vienne, des suites d'une maladie, a annoncé sa famille.

 

Né en 1947 à Villach, en Carinthie, Werner Kofler publia d'abord en revue dès 1963. Il est l'auteur d'une quinzaine de récits, de pièces radiophoniques et d'une pièce de théâtre. Il a obtenu plusieurs prix prestigieux en Autriche, dont la bourse Elias-Canetti et le prix Arno Schmidt, et le prix Peter Rosegger.

 

 

Ses œuvres majeures, publiées en français chez les éditions Absalon (spécialisées dans la littérature germanophone contemporaine), sont son « triptyque alpestre », composé de Derrière mon bureau, Hôtel Clair de crime déjà parus; et la pièce Caf'Conc' Treblinka.

 

Considéré comme l'un des plus grands écrivains de langue allemande, Werner Kofler était très critique envers le caractère superficiel de la société autrichienne, et  écrivait souvent sur l'impuissance de l'individu face à la bureaucratie et au monde du travail. On le présentait parfois comme l'héritier de Thomas Bernhard et Samuel Beckett, notamment pour son goût de l'invective et sa propension au refoulement de son passé sous le nazisme.

 

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Voici un extrait de son ouvrage Automne, liberté, traduit par Bernard Banoun et publié chez Absalon en septembre 2008 :

 

« Les photos des crimes de Styrie. Le four à chaux. L'auberge du Chaufour. À l'arrière-plan, en lisière de forêt, l'auberge du Chaufour, au premier plan le four à chaux. Il fume encore, le four à chaux, à moins qu'il ne fume à nouveau, une fenêtre de l'auberge est encore grande ouverte, à moins qu'elle ne soit déjà rouverte. Dans cette auberge à la frontière de la Haute-Autriche, au col du Pyhrn, trois nationaux-socialistes notoires, un jeune compagnon dont on ignore le nom, le chaufournier Hackl et la Zeiringer, femme de l'aubergiste, en état de grossesse avancée, ainsi que son fils de quatre ans, furent abattus en juillet 1934 par des chrétiens-sociaux notoires, des gens de ce qu'on appelle la Heimwehr, la milice ; la photo ne permet pas de savoir avec quoi ils furent abattus. »