Décès de l'écrivain et résistant Hélie Denoix de Saint-Marc

Julien Helmlinger - 26.08.2013

Edition - International - Hélie Denoix de Saint-Marc - Décès - Résistant


Ce lundi matin, dans la Drôme, l'écrivain prolifique Hélie Denoix de Saint-Marc, fait Grand'Croix de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy en 2011, est décédé à l'âge de 91 ans. Ancien officier de l'armée française, l'homme s'est notamment rendu célèbre pour son passé de résistant et de survivant à la déportation au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le militaire, outre s'être engagé dans la Légion étrangère après la guerre, participa encore au putsch de 1961 en Algérie, s'opposant à la politique coloniale du Général de Gaulle. 

 

 

 

 

Hélie Denoix de Saint-Marc, né à Bordeaux le 11 février 1922, a rejoint la résistance dès le mois de mars 1941, dans le réseau Jade-Amicol. Mais, trahi, il fut arrêté en juillet 1943 à Perpignan, avant d'être déporté à Buchenwald puis à Langenstein. Inconscient et squelettique, il fut finalement libéré in extremis parmi les 30 survivants d'un convoi de d'un millier de déportés.


À son retour en France, il saisit l'offre faite aux anciens résistants d'entrer à Saint-Cyr, avant de s'engager dans la Légion étrangère. En 1948 il fut affecté en Indochine où il découvre la guerre, « horreur du monde rassemblée dans un paroxysme de crasse, de sang, de larmes ».


Il participa ensuite à la campagne de Suez, en 1956, avant de débarquer à Alger où il se chargea des relations avec la presse. Il compta au rang de cette partie de l'armée qui s'inquiéta du revirement du général de Gaulle en 1959. Une autodétermination, qui après cinq années de guerre pour maintenir l'Algérie française ne faisait guère l'unanimité parmi les troupes engagées sur le terrain.

 

Il s'en expliquait plus dernièrement : « J'étais légaliste, et nous avions bien conscience que le statut colonial avait fait son temps. Mais une partie des musulmans se battait à nos côtés et je me souvenais du Vietnam, où nous avions abandonné une population à qui nous avions promis la protection. »


Parmi les hommes du 1er régiment étranger de parachutistes (REP), dont il était alors commandant par intérim, Hélie Denoix de Saint-Marc se rallia au général Challe et participa au putsch d'Alger. Lorsque ledit régiment a été dissous, l'écrivain se trouva condamné, le 5 juin 1961, à dix ans de détention criminelle et radié de l'ordre de la Légion d'honneur.

 

Il a finalement été réhabilité dans ses droits civils et militaires, en 1978, puis fait Grand officier de la Légion d'honneur en 2002, avant que Nicolas Sarkozy ne le fasse Grand'Croix de la Légion d'honneur en 2011. Il a signé divers ouvrages, parmi lesquels des mémoires, et autres livres d'histoire.