Décès de la poétesse suisse Anne Perrier

Cécile Mazin - 26.01.2017

Edition - International - Anne Perrier poésie - décès poétesse suisse - Grand prix poésie national


Née à Lausanne le 16 juin 1922, l’écrivaine et poétesse Anne Perrier est décédée ce 16 janvier à l’âge de 94 ans, à Saxon (Valais). Auteure d’une quinzaine d’ouvrages, ses œuvres furent à plusieurs reprises réunies dans des recueils. Son dernier livre, L’unique jardin, avait été publié chez Bernard Blatter en 1999.

 

 

 

Après avoir obtenu un baccalauréat classique, elle entreprend des études de lettres à l’issue desquelles Anne Perrier obtient en 1947 le Prix Folloppe, puis elle se marie la même année avec Jean Hutter, rappelle le Printemps des poètes.

 

À la suite de la parution de Lettres perdues (Payot, 1971), Anne Perrier voit l’ensemble de son œuvre couronné par le Prix Rambert. En décembre 1996, Anne Perrier reçoit le Prix vaudois des écrivains. En 2003, Anne Perrier figure parmi les lauréats de la Fondation Leenaards.

 

Le CNL a diffusé un communiqué, pour saluer la mémoire de l’auteure.

 

Maîtresse de l’épure et de l’intériorité, auteur d’une douzaine de livres, elle avait participé en 2002 à la manifestation organisée par le CNL, Les Belles étrangères, et reçu le Grand Prix national de Poésie en 2012.

 

« Les pensées, les sentiments, tout ce que je sentais bouillonner en moi d’une façon confuse venait tout simplement s’incarner dans l’image. Je crois que la poésie vit de cette incarnation. Mais ce qui est sûr également, c’est qu’il ne faut pas se laisser entraîner par l’image, et rester constamment vigilant. » Anne Perrier

 

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, quand fut remis le Grand Prix national de la poésie, assurait :

 

Je voudrais lui rendre hommage en reprenant les très beaux termes de Gérard Bocholier dans sa préface à La voie nomade, qui a été frappé de voir combien « le peu de matière terrestre qui assure comme le lest de chaque poème » — Anne Perrier est une adepte des formes brèves – était capable d’un « incomparable éblouissement » :

 

« Pauvreté mon unique
Mes mains lentement te découvrent
Sous la neige oblique
Tu as le visage de l’amour »

 

Première femme lauréate de ce prix, Anne Perrier rejoint les plus grands : Francis Ponge, Aimé Césaire, André du Bouchet, Eugène Guillevic, Edmond Jabès, Michel Deguy, Bernard Noël, Yves Bonnefoy ou encore Philippe Jacottet.