Décès de Pierre Schoendoerffer, 'homme hanté par la guerre'

Clément Solym - 14.03.2012

Edition - Société - Pierre Schoendoerffer - le crabe tambour - Kessel


L'écrivain et le cinéaste Pierre Schoendoerffer est décédé mercredi matin à l'âge de 83 ans, après une opération à l'hôpital Percy à Clamart, rapporte l'AFP.

 

Romancier, réalisateur, membre fondateur des César et vice-président de l'Académie des Beaux-Arts section cinéma et audiovisuel, Pierre Schoendoerffer a laissé derrière lui de grandes œuvres littéraires, cinématographie et journalistique. Il fut le témoin des guerres et des conflits qui ont secoué le XXe siècle, notamment en Indochine et en Algérie.

 

 

Né en 1928 à Chamalières dans le Puy-de-Dôme, Pierre Schoendoerffer était un lecteur assidu de Joseph Kessel, Jack London et Joseph Conrad.

 

En 1952, il s'engagea dans l'armée et part en Indochine, caméra au poing. Témoin des atrocités de la guerre, il est d'abord caporal-chef et cameraman au Cambodge, puis au Vietnam où il fût fait prisonnier à l'issue de la bataille de Diên Biên Phu pendant quatre mois.

 

Ensuite, démobilisé, il travaille comme correspondant de guerre au magazine « Life » dans la région. C'est à Hong Kong qu'il rencontra Joseph Kessel, dont il adaptera le roman La Passe du diable sur grand écran en 1958. À son retour en France, il devint reporter-photographe et part au Maroc puis en Algérie.

 

Parmi ses grandes œuvres littéraires, on compte : Le Crabe tambour (1977, Grand Prix du roman de l'Académie française) ainsi que La 317e Section (1963, son premier roman), qu'il a toutes deux adaptées lui-même au cinéma.   


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Ses multiples talents de créateur lui avaient permis d'accumuler les récompenses : Prix du Scénario à Cannes en 1965 pour « La 317ème Section », Oscar du meilleur documentaire en 1968 pour « la Section Anderson », Grand prix du roman de l'Académie française en 1976 pour « Le Crabe Tambour », suivi de trois César en 1978 pour son adaptation. Homme d'honneur croyant en la fidélité envers les siens et la patrie, sa droiture demeurait une exigence quotidienne.
Dans ses fictions, cette rigueur se retrouvait aisément dans les personnages, pudiques et tourmentés par l'observance de leur morale. Ses héros à la nostalgie amère, proches de ceux de John Ford et de Raoul Walsh, étaient dépeints dans leurs contradictions avec une sensibilité et justesse sans égales.
Marin, parachutiste, reporter de guerre et prisonnier, Pierre Schoendorffer laissera à jamais la trace d'un homme hanté par la guerre et ses conséquences sur notre humanité.