Décès de Rachel Ingalls, auteure “injustement négligée”

Clément Solym - 27.03.2019

Edition - Société - Rachel Ingalls - Rachel Ingalls décès - American Gothic


Particulièrement discrète, les rares interviews qu’elle accorda brossent le portrait d’une femme réticente à la promotion, redoutant d’être ainsi piégée, comme « un animal qui débarquerait au zoo », avait-elle affirmé. Rachell Ingalls, auteure « injustement négligée », assurait le New York Times, est décédée à l’âge de 78 ans, ce 6 mars 2019.


 

Née à Boston en 1940, Rachel Ingalls a grandi à Cambridge, dans le Massachusetts, et s’est installée dès 1965 en Angleterre. Tour à tour costumière de théâtre, bibliothécaire, lectrice, elle est l’auteure d’une dizaine de livres, dont Theft (1970), The Man Who Was Left Behind and Other Stories (1974), Binstead’s Safari (1983), The Peadkillers (1986), The End of Tragedy (1987), Four Stories (1987), Black Diamond (1992), Days Like Today (2000). Un seul de ses textes a déjà été traduit en français et publié chez Robert Laffont en 1988 sous le titre Je vois un grand voyage (trad. Claudia Ancelot). 

Presque inconnue durant les vingt premières années de sa carrière, elle publia des textes difficiles à classer. On la rapprochait d’Edgar Poe, pour sa prédilection : la fiction macabre, fantastique et envoûtante, l’American Gothic. 

C’est en 1986, quand le British Book Marketing Council sélectionna son livre, Mrs Caliban, paru quatre années plus tôt, qu’elle fut révélée au public. L’histoire est celle d’une femme au foyer, vivant en Californie — son enfant est mort, son chien aussi, et son mariage bat de l’aile. Elle se lance alors dans une liaison avec un monstre marin, Larry, de six mètres de long. 
 
Le British Book Marketing Council considéra ce livre comme l’un des vingt meilleurs romans américains d’après-guerre. Jusqu’alors inédite en France, elle est traduite en une dizaine de langues, et dernièrement chez Belfond, en français, grâce à la traduction de Céline Leroy. 

« Une fiction surprenante qui connut un beau retentissement en librairie à sa sortie et qui n’est pas sans rappeler le récent La Forme de l’eau de Guillermo del Toro », indique l’éditeur français. 

« Je n’étais pas du tout préparée à ce qui s’est passé, avec le Book Council. J’étais stupéfaite. Je le suis toujours. Je faisais juste en sorte de me débrouiller », avoua-t-elle bien plus tard. 


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.