Décès de Robert Gallimard, compagnon de route "par excellence"

Xavier S. Thomann - 12.06.2013

Edition - Les maisons - Robert Gallimard - Philippe Sollers - Sartre


L'éditeur Robert Gallimard est décédé samedi 8 juin, à Paris, à l'âge de 87 ans. Né en 1925, il a fait son entrée en 1949 au sein de la maison familiale. Il avait alors 23 ans. Au cours de sa longue carrière, il a notamment travaillé avec Sartre et Romain Gary et oeuvré pour la bibliothèque de la Pléiade. 

 

Stand Gallimard au Salon du Livre de Paris 2013

 

 

Un début précoce donc dans le monde de l'édition, monde qu'il ne quittera jamais. Il a d'abord travaillé aux côtés de son oncle Gaston puis de son neveu Antoine, actuel dirigeant de la célèbre maison. S'il débute dans le bureau des cessions de droit, il ne tarde pas à faire partie du comité de lecture. 

 

De plus, il gère un grand nombre de succession jusqu'en 1990. À la suite du décès de Michel Gallimard dans l'accident de voiture qui coûta aussi la vie à Albert Camus, en 1960, il prend la direction de la Bibliothèque de la Pléiade. 

 

La ministre de la Culture, Aurélie FIlippetti, a diffusé un message pour rendre hommage à l'éditeur : 

Neveu du fondateur de la NRF, Robert Gallimard était entré dans l'illustre maison de la rue Sébastien-Bottin à 23 ans.

Membre du comité de lecture mais aussi responsable de la Bibliothèque de la Pléiade, conseiller très avisé d'Antoine, l'actuel Président-directeur général, comme il l'avait été de son oncle Gaston, Robert Gallimard aura été le soutien et l'interlocuteur privilégié de quelques-uns des plus grands écrivains de son temps, de Sartre comme de Camus, mais aussi de Romain Gary.

La finesse de ses jugements, sa curiosité d'esprit, sa qualité d'écoute en faisaient par excellence le compagnon de route dont les auteurs ont souvent besoin pour épanouir pleinement leur talent et franchir les obstacles qui parfois s'opposent à la réalisation de leur œuvre.

 

Apolitique il a cependant été l'interlocuteur privilégié d'auteurs engagés comme Sartre. Le Monde parle de sa carrière comme d'un « magistère discret, mais impeccable. » Philippe Sollers quant à lui a évoqué « un homme d'une grande courtoisie, plein d'esprit, très ouvert, qui, tandis que Claude Gallimard s'occupait des auteurs plus académiques, en encourageait de plus subversifs. »