Décès de Robert Sabatier, cet homme aux allumettes

Clément Solym - 29.06.2012

Edition - Société - Robert - sabatier - mort


Né à Paris en 1923, l'écrivain Robert Sabatier vient de s'éteindre à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne, dans les Hauts-de-Seine. Ce romancier et poète s'était fait mondialement connaître par la publication des Allumettes suédoises en 1969.


Deux tomes avaient suivi la sortie de ce premier ouvrage sensible nous faisant suivre les tribulations du petit Olivier : Trois sucettes à la menthe et Les Noisettes sauvages. Une saga qui s'est écoulée à plusieurs millions d'exemplaires.

 

 

 

Robert Sabatier était membre de l'Académie Goncourt depuis 1971 et également de celle de Mallarmé. Sa saga romanesque, librement inspirée de sa propre enfance a été adaptée pour la télévision par Jacques Ertaud en trois épisodes, reprenant les trois tomes de l'histoire.

 

Grand amateur de poésie, Robert Sabatier avait sorti, dans les années 70, une importante Histoire de la poésie française en neuf tomes. Mais il a également publié de très nombreux recueils de poésie.

 

Ses obsèques auront lieu lundi, au cimetière du Montparnasse. « Une bénédiction aura lieu lundi 2 juillet à 11 H en l'Église Saint-Germain-des-Prés, suivie d'une inhumation au cimetière du Montparnasse », a précisé son éditeur historique, Albin Michel.

 

« Cette figure attachante manquera à l'univers des lettres », a écrit le président François Hollande, à la famille et aux proches. « Avec Robert Sabatier, c'est un écrivain qui aura marqué la littérature populaire du XXe siècle qui disparaît », alors que « chacun se souvient notamment des Allumettes Suédoises, qui fut un très grand succès porté ensuite à l'écran », souligne le président.

  

Tous les livres de Robert Sabatier



L'hommage d'Aurélie FIlippetti, ministre de la Culture : 

 

Avec Robert Sabatier disparaît un enfant chéri du public, un étonnant raconteur d'histoires dont le nom restera lié aux « Allumettes suédoises », l'un des neuf volumes les plus célèbres du « Roman d'Olivier », cette belle série inspirée de ses premières années de vie de petit orphelin montmartrois.

 

Pour les lecteurs, il était d'abord un maître du récit d'enfance : un univers où se libéraient son imagination poétique, sa gaîté frondeuse de Parigotironique et tendre. Univers qu'il explorait encore à 80 ans avec cette même émotion et cette même attachante simplicité dans la narration du quotidien.

 

C'était un écrivain protéiforme, un de ces autodidactes avides d'explorer les trésors de la langue française et d'apporter sa contribution sous forme d'essais critiques ou de dictionnaires savants. Derrière le masque-bonhomme et les volutes de fumée de son éternelle pipe, il y avait l'un des meilleurs connaisseurs de la versification contemporaine, un excellent poète (« Les châteaux de millions d'années », grand prix de poésie de l'Académie française) et l'auteur d'une monumentale « Histoire de la poésie française ».

 

Il y avait aussi l'amateur d'humour noir et d'aphorismes, contempteur férocede la comédie humaine (« Livre de la déraison souriante »). L'homme des séduisantes et perpétuelles surprises.

 

Celui qui fut aussi président de la commission de l'aide à la création poétique et théâtrale du Centre national des Lettres devenu Centre national du Livre de 1978 à 1982, manquera aux métamorphoses de notre vie littéraire et aubonheur de notre langue.