Décès de Roger Grenier, écrivain, journaliste et résistant, fidèle à Gallimard

Cécile Mazin - 09.11.2017

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Après plus de cinquante années à travailler dans les bureaux de la maison Gallimard, l’écrivain Roger Grenier s’est éteint, à l’âge de 98 ans. Conseiller littéraire, et jamais avare d’anecdotes, il aura publié une cinquantaine de livres.
 

Homenaje a Julio Cortázar

Roger Grenier - Cultura Argentina, CC BYS A 2.0

 


Originaire de Caen, cet ancien résistant et journaliste passa son enfance dans la ville de Pau, que l’on retrouvera dans ses livres. Sa carrière d’écrivain... débutera par celle de militaire : en avril 1940, il est mobilisé et se retrouvera en Algérie pour une année. Il regagnera la vie civile en novembre 42 et poursuivra des études de lettres. C’est également à cette époque qu’il intégrera un réseau de résistance, dans la zone libre.
 

Après la libération de Paris, il sera engagé par Albert Camus, comme journaliste, pour Combat, puis à France Soir. Cette carrière se poursuivra chez Libération, alors qu’il publie son premier essai, Le rôle d’accusé, en 1949.


Il travailla également pour la radio durant l’après-guerre, donc il conserve un souvenir très personnel. « Il n’y avait alors ni téléviseurs ni postes à transistors. La radio était un objet difficile à manier, en général posée dans le salon, un peu comme la télé maintenant. Comme Woody Allen dans son film Radio Days, j’ai essayé de dire l’importance de la radio à cette époque — avec ce paradoxe qu’il n’y avait pas la radio chez mes parents : ils n’en voulaient pas ! »
 

Il fut récompensé à deux reprises en 1971 par le grand prix de la Société des Gens de Lettres et, l’année suivante, le prix Fémina, pour Ciné-roman. Treize ans plus tard, il sera salué par le Grand Prix de Littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
 

« Je pars souvent d’un fait réel, de quelque chose que j’ai vu ou qu’on m’a raconté, et un jour, tout à coup, j’ai envie d’écrire sur ce sujet. En général, ça va très vite, à la différence du roman : le roman est un compagnon avec qui l’on vit pendant des mois, parfois des années, tandis qu’il suffit, si l’on peut dire, d’écrire une nouvelle une fois qu’elle est au point dans la tête. Après, on n’y pense plus », expliquait-il sur l’écriture de ses nouvelles.

On peut également retrouver plusieurs entretiens sur le site des éditions Gallimard. Il avouait aimer, comme le héros de l’une de ses nouvelles, Le Secret, Conrad, Faulkner, Melville, Baudelaire, Bossuet, Orwell, Beckett...
 

« Dans mes débuts, j’étais très impressionné par le nombre de nouvelles écrites par des auteurs comme Pirandello, Hemingway, Tchekhov, Scott Fitzgerald… Aujourd’hui, je m’aperçois presque avec effroi que, la vie passant, j’en ai moi-même écrit plus de quatre-vingt-dix ! »
 




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