Décès du poète Jean-Marie Berthier : la poésie et le courage de la poésie

Cécile Mazin - 09.08.2017

Edition - Société - mort poète Berhier - éditions recueil poète


Le poète français Jean-Marie Berthier est décédé ce 7 août, à l’âge de 77 ans. Son prochain recueil, Ne te retourne pas, doit sortir en septembre aux éditions Bruno Doucey, dans la collection Soleil noir. « D'évidence, Jean-Marie Berthier est l’un de nos poètes contemporains les plus incontestables », disait l’un de ses éditeurs, Le Nouvel Athanor.

 

Jean-Marie Berthier © Oumeya El Ouadie


 

Jean-Marie Berthier est né en 1940. Après avoir enseigné le français sur les cinq continents, il s'était retiré dans les Alpes, où il vivait alors. Son œuvre poétique, marquée à jamais par la disparition de deux de ses enfants, se veut un chant d’amour et de fraternité avec les autres, qu’ils vivent dans les montagnes de Haute-Tarentaise, les forêts du Cambodge, les déserts d’Afrique, les terres d’Amérique latines ou sur les îles perdues d’Océanie.

 

« Ne te retourne plus
le soleil est désormais
l’ombre de ta vie

Ne t’arrête pas
ce feu tranquille brûlerait
tes dernières forces

Ne dors que debout
pour entendre encore
l’histoire qui tremble »

 

Chagrin, espérance, révolte se mêlent dans cette poésie écrite à hauteur d’homme.


« “Mes amis sont la poésie” et “le courage de la poésie” et ils resteront à jamais sur la mémoire de mon âme », écrivait-il dans le recueil D’étoiles et d’acacias, repris aux éditions Fanlac dans le livre Les arbres de passage. « Les poèmes que Jean-Marie Berthier nous donne à lire sont autant de pierres de circonstance. [...] Chaque poème prend en charge à sa manière la rencontre d’une circonstance vécue. Il ne se retire pas du réel, mais le revisite. »

Il laisse une dizaine de recueils – dont Attente très belle de mon attente, qui reçut le prix François Coppée de l’Académie française 2010. On peut retrouver ci-dessous l’adaptation de son texte « Clair de corps », extrait du recueil Attente très belle de mon attente, paru chez MLD en 2009.

 


Les éditions Bruno Doucey ont diffusé un communiqué en hommage au poète, reproduit ci-dessous : 
 

Stupeur et immense chagrin. Nous avons appris le décès dans un accident de la circulation, ce mardi 8 août, de notre ami Jean-Marie Berthier, à l’âge de 77 ans. Tous ceux qui ont connu ce remarquable poète se souviennent de son rire, de l’élégance affectueuse avec laquelle il prenait des nouvelles de chacun, et surtout de son enthousiasme communicatif.

 

Jean-Marie, qui n’avait pas été épargné par la vie, gardait envers et contre tout, du plus profond d’un chagrin désespéré, un élan vital fabuleux et une générosité flamboyante. Lire Jean-Marie Berthier, c’est faire l’expérience d’une poésie à la fois humaniste et révoltée.

 

Après avoir enseigné le français sur les cinq continents, ce proche de Pierre et Colette Seghers s’était retiré dans les Alpes. Son œuvre poétique, marquée à jamais par la disparition accidentelle de deux de ses enfants, se veut un chant d’amour et de fraternité avec les autres, qu’ils vivent dans les montagnes de haute Tarentaise, les forêts du Cambodge, les déserts d’Afrique, les terres d’Amérique latine ou sur les îles perdues d’Océanie. Chagrin, espérance, révolte se mêlent dans cette poésie écrite à hauteur d’homme. Parmi ses éditeurs, Fanlac, Rougerie, Le nouvel Athanor, Le bruit

des autres... La revue Phœnix lui consacre son dernier numéro qui vient de paraître. 

 

Il avait confié à Bruno Doucey, à qui il était uni par une très ancienne complicité et une profonde affection, la publication de son dernier recueil de poèmes, dédié à ses petits-enfants, Ne te retourne plus, qui sera en librairie le 7 septembre. Sa parution le remplissait de joie, et nous aussi. Nous partageons la peine de sa fille chérie, Anouk, et de tous les siens.



« Le poète est un être engagé, c’est-à-dire qu’il ne ferme pas les yeux, qu’il n’abdique pas. »

 

(à paraître le 7/09) Jean-Marie BerthierNe te retourne pasEdition Bruno Doucey – 9782362291609 – 15 €