Décès du Prix Nobel de littérature et dramaturge italien, Dario Fo

Julien Helmlinger - 13.10.2016

Edition - International - Dario Fo - Nobel théâtre - décès


Ce jeudi le gouvernement italien a annoncé le décès à Milan du Prix Nobel de littérature en 1997, l'acteur et dramaturge Dario Fo, à l'âge de 90 ans. Adulé pour son esprit subversif, auteur entre autres de la satire politique La mort acidentelle d'un anarchiste, et Faut pas payer !, l'écrivain avait été admis à l'hôpital douze jours auparavant, précisent les médias locaux.

 

E' morto Dario Fo: Premio Nobel per la Letteratura

CC by 2.0 par Televisione Streaming

 

 

Le président du Conseil des ministres italien, Matteo Renzi, a adressé ses condoléances aux proches de l’homme de lettres et de planches. « Avec Dario Fo, l’Italie perd un des grands protagonistes du théâtre, de la culture, de la vie civile de notre pays. [...] Sa satire, sa recherche, son travail scénique, son activité artistique aux multiples facettes demeurent l’héritage d’un grand Italien dans le monde. »

 

Né en mars 1926 à San Giano sur le lac Maggiore, après la guerre l’écrivain a épousé Franca Rame en 1954, également comédienne, femme de lettres et politique italienne, mais aussi sa muse. Il se fit connaître en ce temps-là par une série de monologues qui l’ont porté à la radio nationale où il a animé son propre show. Le couple a établi la compagnie de théâtre Fo-Rame en 1957.

 

Ecrivain et dramaturge anti-conformiste, Dario Fo plaçait la culture et la connaissance comme socles à la liberté, l’égalité et la justice. Homme engagé, auteur d’un théâtre tragi-comique, ses pièces ont su interroger en permanence la société. Il incarne un échange fécond sur la place d’un théâtre éthique et politique dans nos deux pays. Audrey Azoulay

 

Engagé tout au long de sa vie, aux élections de 2013, Dario Fo avait fait partie des soutiens au comique Beppe Grillo. Dans la presse il n’avait pas manqué d’adresser ses piques à l’opposant Matteo Renzi. Une partie du public l’adule pour son côté subversif, quand l’autre aurait parfois préféré pouvoir le museler. 

 

Ironie du sort, c'est ce 13 octobre que le Prix Nobel de littérature doit être annoncé à Stockholm.

 

Dario Fo, qui imite les bouffons du Moyen Âge, en flagellant l’autorité et faisant respecter la dignité des opprimés.

 

(via BBC, Reuters)