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Décès du Prix Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez

Julien Helmlinger - 18.04.2014

Edition - International - Gabriel Garcia Marquez - Décès - Auteur de langue espagnole


Le prix Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez, ou « Gabo » pour les Latino-Américains, est décédé ce jeudi à son domicile de Mexico. Celui qui redonna ses lettres de noblesse au roman colombien, âme du réalisme magique et auteur de langue espagnole le plus lu à travers le globe, était âgé de 87 ans. Il souffrait depuis 1999 d'un cancer lymphatique et avait été hospitalisé dernièrement pour ce qui était diagnostiqué comme une infection pulmonaire.

 

 

CC by SA 2.0 par Sebâstian Freire

 

 

Gabriel Garcia Marquez est né le 6 mars 1927 dans la ville d'Aracataca, sur la côte caribéenne de Colombie. Après avoir été élevé par ses grands-parents et ses tantes, et suivi des études chez les Jésuites à Bogota comme à Carthagène, il a fait un temps le journaliste.

 

Il a ainsi travaillé à El Espectador, quotidien libéral de Bogota, et fait le correspondant de presse à Rome ainsi qu'à Paris. Avec des moyens financiers plus que modestes, il vécut dans un hôtel de la rue Cujas, en plein Quartier latin, sans jamais s'acquitter de son loyer.

 

Il regagna ensuite l'Amérique latine où il exerça en tant que scénariste pour le cinéma d'avant-garde. À Bogota, en 1959, il a ouvert un bureau pour la nouvelle agence cubaine Prensa latina. Fidel Castro venait alors de faire son entrée dans La Havane.

 

C'est avec son ami Carlos Fuentes, qu'ils auraient décidé de devenir écrivain. Une décision judicieuse puisqu'en 1966 paraissait son chef-d'oeuvre Cent ans de solitude, une oeuvre traduite en 35 langues et écoulée à près de 30 millions d'exemplaires. Tous ceux qui ont fait de l'espagnol connaissent le célèbre phrase d'ouverture :  

Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace

En 1982, l'écrivain est honoré du Prix Nobel de littérature. On reconnaît à la figure du « réalisme magique » une écriture « où s'allient le fantastique et le réel dans la complexité riche d'un univers poétique reflétant la vie et les conflits d'un continent ».

 

Celui qui avait publié ses mémoires en 2002, connu pour son engagement politique socialiste et sa relation avec le leader révolutionnaire cubain Fidel Castro, estimait : « Je n'écris que sur ce que je connais, sur des gens que j'ai vus. »

 

« C'est le plus grand roman de langue espagnole depuis Don Quichotte » avait commenté le poète chilien Pablo Neruda. Un roman qui connait immédiatement un succès mondial que son auteur ne comprend pas, et qui permet l'essor de la littérature sud américaine, inspirant aussi bien un Jorge Luis Borjes que Cortazar ou Juan Rulfo. Une littérature qu'il portera sur les devants de la scène mondiale en se voyant décerner le prix Nobel en 1982 - qu'il reçoit en tenue traditionnelle. 

 

La ministre de Culture et de la Communication à en ce sens tenu à saluer un grand« Ambassadeur de la littérature sud-américaine et Prix Nobel de littérature ». Faisant part de sa « vive émotion à l'annonce de son décès, elle a rendu un dernier homme à « l'immense écrivain », « patrimoine de notre humanité toute entière (…) dont les roman, aussi flamboyants que mélancoliques, portent une dimension universelle, une poésie incomparable et une grande leçon d'humanisme. »