Décès du traducteur Bernard Hoepffner, homme à plusieurs vies

Victor De Sepausy - 28.05.2017

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Bernard Hœpffner, traducteur et écrivain, était porté disparu depuis le 7 mai 2017. « Il existe de fortes probabilités qu’il ait chuté ou ait été emporté par une vague à St-David’s Head (Pembrokeshire) au Pays de Galle », pouvait-on lire sur son site. Désormais, le décès du traducteur est acté.

 


 

 

Bernard Hoepffner a réalité de multiples traductions d’essais, de romans, de poésie, ainsi que de nouvelles. Il a également pris part à des ouvrages collectifs. « C’est avec une grande émotion que j’ai appris la disparition de Bernard Hoepffner, traducteur français, sensible et précis, des grands auteurs de langue anglaise », assure Françoise Nyssen dans un communiqué. 

 

Il incarnait toute la subtilité et la complexité de ce métier de traducteur, à la fois passeur de mots et d’émotions contenues dans les formules, musicien reproduisant les rythmes des mélodies des langues dans la langue française. Son travail sur les œuvres de Marc Twain ou sa contribution à la nouvelle traduction d’Ulysse de James Joyce, nous ont révélé des subtilités du texte et de sa construction et en ont sublimé le rythme. 

 

« Généreux et vif, drôle et attachant, Bernard Hoepffner incarnait le rôle essentiel du traducteur, passeur de mots entre l’auteur et ses lecteurs », poursuit la ministre de la Culture.

 

L’an passé, il avait cotraduit avec Catherine Goffaux le livre de Nicole Krauss, L’histoire de l’amour, publié aux éditions Gallimard. Un hommage lui sera rendu le 7 juin 2017 à 19h à la Maison de la Poésie.


« C’est avec infiniment de tristesse que nous vous rapportons la disparition de Bernard Hœpffner, emporté par la mer alors qu’il se promenait sur la côte du Pays de Galles, à St David’s Head, le samedi 6 mai. Les secours, prévenus par un témoin, sont arrivés trop tard et l’ont recherché en vain jusqu’au dimanche soir. Au vu de ces circonstances, l’identité de Bernard n’a pu être établie qu’au bout de quinze jours, mais aujourd’hui la famille, comme les autorités, pensent que, « selon toute probabilité », il s’agit bien de lui. Autodidacte génial, Bernard a eu plusieurs vies, dont une de traducteur.
 



Prolifique, méticuleux, porté par la curiosité et l’amour des textes, découvreur animé par une passion entière pour la littérature, il a trouvé le temps de s’occuper des autres et, depuis plus de trente ans, joué un rôle central dans la reconnaissance de notre métier. Sous sa présidence, de 2013 à 2015, ATLAS a pris une nouvelle dimension ; nous sommes tous heureux de l’avoir côtoyé, d’avoir profité de sa gentillesse, sa bienveillance, sa rigueur intellectuelle et son humour », assure l’Association pour la promotion de la traduction littéraire, ATLAS.
 

Bruno Foucher, président de l'Institut français, salue la mémoire de Bernard Hoepffner, « dont la disparition endeuille le monde des lettres. Ce grand traducteur et infatigable passeur de littérature avait, à plusieurs reprises, collaboré avec l'Institut français, notamment en tant que président d'ATLAS (2013-2015) et autour de La Fabrique des Traducteurs, programme dont il était l'un des ardents promoteurs. Les équipes de l'Institut français s'associent à la douleur de ses proches ». 

 

On le retrouvera dans cet entretien de juillet 2012, où il présentait l'ouvrage L'autobiographie de Mark Twain : une histoire américaine, publié le 13 septembre aux éditions Tristam.