Déclin de la lecture volontaire chez les jeunes Américains

Julien Helmlinger - 13.05.2014

Edition - Société - Lecture - Jeunesse - Statistiques


Selon une étude publiée ce lundi, par l'organe non-lucratif Common Sense Media, les habitudes de lecture des jeunes américains afficheraient une nette diminution au fil des trois dernières décennies. Ils seraient près d'une moitié de sondés âgés de 17 ans à admettre ne lire volontairement qu'une ou deux fois par an. Sans compter que le déclin se renforcerait quand ils grandissent. En 1984, les kids qui admettaient ne lire quasiment jamais pour le plaisir étaient 8 % à 13 ans, et 9 % à 17 ans, des chiffres qui atteignent désormais respectivement 22 et 27 %.

 

 

 

Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de tout ce papier...

CC by 2.0 par baluss

 

 

A peu de chose près, le désamour aurait pris trois fois plus d'ampleur sur la période, malgré la facilité d'accès permise par la technologie numérique. Les chercheurs sont donc en quête de corrélations diverses permettant d'expliquer le phénomène, ou du moins d'émettre des hypothèses. Trop de choix ? Trop de divertissements qui les détournent du livre ? Ou bien la vérité serait-elle ailleurs ? 

 

Leur enquête met notamment en relief le fait que les parents seraient de moins en moins nombreux à faire la lecture à leurs progénitures âgées entre 2 et 7 ans. En 1999, la moyenne parentale aurait été de 45 minutes quotidiennes de lecture faite aux petits, quand cet temps alloué serait retombé à 30 minutes en 2013.

 

Par ailleurs, des disparités seraient constatées entre ethnies aux Etats-Unis. S'ils seraient 75 % de Blancs à s'adonner à une lecture quotidienne, il ne seraient que 66 % d'Afro-Américains et à peine 50 % d'Hispaniques. Une différence nette existe par ailleurs entre filles et garçons, les premières lisant quotidiennement à hauteur de 30 % des sondées, quand les seconds ne seraient que 18 %.

 

En entrant dans la période de l'adolescence, les jeunes liraient également de moins en moins. Si certains avanceront l'argument des préoccupations comme les réseaux sociaux et les écrans de leurs smartphones, d'autres pensent que la charge des devoirs scolaires nuit tout autant au temps dédié à la lecture. 

 

Pour le fondateur et PDG de Common Sense Media, Jim Steyer, qui a lui-même des enfants, les parents peuvent faire beaucoup pour promouvoir la lecture même s'il admet que les sources de distractions sont nombreuses avec Internet : « Les enfants dont les parents lisent, achètent ou empruntent des livres de la bibliothèque à leur attention, et qui réservent ensuite du temps dans l'agenda quotidien de leurs enfants pour la lecture, ont tendance à lire le plus. »