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Défi littéraire : un jour pour un roman, au rythme new-yorkais

Antoine Oury - 29.05.2013

Edition - International - défi littéraire - 24 heures pour un roman - Nicolas Ancion


L'écrivain et journaliste Nicolas Ancion a quelques heures de retard : et pour cause, son avion s'est posé cette nuit à New York, pour un défi littéraire bien particulier. Écrire un roman en 24 heures, entre les murs de l'Institut français de New York, pour un public en apprentissage de la francophonie, voilà un projet décalé qui ne laisse pourtant pas beaucoup de place au jet lag...

 

 

New York Skyline

Chris Isherwood, CC BY-SA 2.0

 

 

Les performances ne sont pas un domaine réservé aux plasticiens : Languedoc-Roussillon Livre et Lecture (LR2L), centre de ressources et de soutien à l'innovation pour le livre, a ainsi proposé à Nicolas Ancion une résidence bien particulière, limitée à 24 heures, d'où devrait émerger un roman. Augmentation de la productivité en milieu littéraire ?

 

Non, une sorte de défi, comme Ancion les a toujours appréciés : « À 19 ans, j'avais lu Proust pendant 24 h. On se relayait, bien entendu, mais dans les heures creuses de la nuit, nous étions une poignée à poursuivre la lecture, sans public, dans le sas désert de l'université. C'était un moment magique. Depuis lors, j'avais envie de me lancer dans un marathon de ce type, mais pour écrire. »

 

Et puis, LR2L s'adresse à un amateur : en 2010 déjà, Nicolas Ancion avait rédigé un polar en 24 heures, et la construction de l'intrigue pouvait être suivie directement sur Internet. Pour ce nouveau défi, à nouveau diffusé en direct, c'est au sein de l'Institut français de New York que l'auteur opérera, avant de transiter vers « là où [il trouvera] du wifi ».

 

Un côté incertain, aventureux, qui semble stimuler l'écriture : « J'adore la poussée d'adrénaline qui fait qu'on n'écrit pas seul. Qu'on est porté par une communauté de lecteurs, de sympathisants, qui lisent ou pas, mais sont solidaires avec le combat que je mène avec moi-même pour pondre un texte en si peu de temps. »

 

Contrairement à l'exercice habituel de l'écriture, qui se fait principalement en privé, Ancion sera cerné de toute part : le public fait partie de l'exercice, dans les lieux publics où l'écrivain rédigera ou sur Internet. « Il n'y a aucun filtre, aucune modération, chacun peut donc assister à l'écriture sans camouflage ni cosmétique », témoigne l'auteur, qui ne change toutefois pas vraiment ses méthodes de travail. Les 24 heures limitent simplement la procrastination.

 

Le temps du voyage, et les quelques heures précédant le début de l'expérience permettront à l'auteur de tracer les grandes lignes de son polar, mais l'essentiel viendra au fil de l'écriture. Soutenu par l'Institut français de New York, le défi donnera lieu à un polar (garanti « sans passé simple » par son rédacteur), particulièrement destiné aux apprentis de la langue française, et téléchargeable gratuitement à cette adresse. Les éditions E-Fractions se chargeront de la distribution numérique à New York et en France, et le texte sera ensuite publié aux éditions Didier FLE.

 

Pour suivre le périple de Nicolas Ancion, c'est donc par ici, et dès 22 heures ce soir, jusqu'au lendemain. Il a promis de poster sur Twitter et Facebook, et recevra avec plaisir vos encouragements...