L'observatoire de la librairie : des chiffres et des lettres

Antoine Oury - 23.06.2015

Edition - Librairies - Observatoire de la librairie - Matthieu de Montchalin - SLF


Outre les annonces ministérielles laissées par Fleur Pellerin, les Rencontres Nationales de la Librairie ont été marquées par l'Observatoire de la librairie, un outil développé par le Syndicat de la Librairie Française et déjà présenté au Salon du Livre de Paris. Le succès auprès des professionnels est au rendez-vous, avec un objectif fixé à 2016 déjà atteint en quelques mois.

 

François Boujard, Directeur général de Tite-Live - Rencontres nationales de la librairie 2015

François Boujard, directeur de Tite-Live, aux RNL 2015 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française, est ravi : l'objectif de 250 inscrits à l'observatoire de la librairie, fixé à l'année prochaine, est d'ores et déjà atteint. « Des associations régionales complètes rejoignent l'outil », explique Matthieu de Montchalin, « ce qui représente 20 ou 30 librairies d'un seul coup. »

 

Réalisé par la société Tite-Live, spécialiste de la gestion en librairie, l'observatoire avait été présenté au moment du Salon du Livre de Paris, mais son lancement officiel intervenait lors des RNL, à Lille. François Boujard, directeur de Tite-Live, a présenté devant l'assemblée des libraires un outil visiblement simple et complet, qui permet au professionnel de surveiller ses datas de ventes, et d'optimiser ainsi sa stratégie.

 

« Les données sont nombreuses, et les coûts de maintenance assumés par le SLF : le libraire ou le groupement de libraires se débarrassent des questions de nouvelles versions, de log de serveur, de cloud, c'est une opportunité formidable », souligne Matthieu de Montchalin. 

 

L'observatoire sera particulièrement utile aux groupements de libraires, de plus en plus plébiscités par la profession : « Le groupement des Libraires Ensemble [réseau rassemblant 37 librairies, NdR], dont fait partie L'Armitière, dispose d'un accès à l'observatoire, où 66 % de son chiffre d'affaires est représenté : Giuseppa Ferrara, la permanente des Libraires Ensemble, va pouvoir faire le travail d'analyse et de conseil des libraires du mouvement à partir des chiffres de l'observatoire, ce qui est extrêmement important. »

 

Pour le développement et l'analyse d'une stratégie commune, l'observatoire deviendra rapidement indispensable : « Les libraires du groupement pourront partager leurs chiffres s'ils le souhaitent, mais ils resteront confidentiels aux autres utilisateurs de l'observatoire. Les libraires d'un groupement pourront aussi comparer leurs résultats aux résultats nationaux, pour évaluer leur évolution par rapport à la tendance nationale », explique Matthieu de Montchalin.

 

Mis à jour en temps réel et facilement exploitable, l'outil permettra également de présenter de solides arguments dans les négociations avec les éditeurs. « Lorsque l'on demande de financer un catalogue de fin d'année à un éditeur, on pourra lui présenter une vision d'ensemble, et le résultat précis d'une stratégie », précise Matthieu de Montchalin.

 

En cas d'inscription avant la fin juillet, la première cotisation annuelle est gratuite : les libraires sont donc invités à se rapprocher du syndicat. Selon des bruits de couloir, des libraires francophones seraient intéressés, et l'observatoire deviendrait alors un des premiers outils transfrontaliers de mesure pour la librairie...