Déjà en crise avant la pandémie, le secteur de l’édition dans le monde arabe inquiète

Camille Cado - 13.07.2020

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Confinement, annulation des évènements culturels importants : depuis le début du mois de mars, les pays arabes ont dû prendre des mesures pour lutter contre la propagation du coronavirus. Autant de décisions qui ont affaibli l’industrie de l’édition déjà « en crise » avant la pandémie, assure le président de l’association des éditeurs égyptiens, Said Abdo dans un récent communiqué. 
 

 

Dans une déclaration à Maghreb Arabe Presse (MAP), Said Abdo, président de l’association des éditeurs égyptiens a fait par de ses inquiétudes concernant l’industrie de l’édition. Comme dans de nombreux pays, le confinement a eu un impact majeur sur la filière livre avec une baisse considérable des ventes de livres.

En outre, l’annulation d’un certain nombre de salons du livre a été un coup dur pour les acteurs de la filière. Ces évènements représentaient une occasion importante de faire rayonner l’édition arabe à l’internationale, en commercialisant et traduisant des titres locaux à l’étranger.

Malgré des initiatives mises en place par l’organisation pour soutenir la culture et la lecture, les pertes économiques pour l’industrie de l’édition en Égypte sont estimées à 20 millions de dollars, pour la période allant du mois de mars à celui de juin 2020.

Pour Said Abdo, le coronavirus a aggravé les difficultés d’un secteur déjà fragile. Parmi les défis auxquels la filière est déjà confrontée, le président de l’association des éditeurs égyptiens évoque la mauvaise distribution et commercialisation des ouvrages, mais également les problèmes liés à l’importation et aux douanes. 

« La crise de l’édition existait avant l’épidémie, mais aujourd’hui elle a été fortement aggravée par l’interruption des ventes, de l’impression et de l’édition, mais également par la suppression ou le report des grands évènements littéraires » a tenu à dénoncer à son tour Dalia Ibrahim, de la maison d’édition Dar Al-Nahda.
 

L’intérêt des livres numériques, encore très marginal
 

Bien que la pandémie ait affecté durablement les ventes, pour Dalia Ibrahim, « il existe d’autres méthodes de vente que nous pouvons utiliser pour pallier cette difficulté et réussir à atteindre le lecteur ». Parmi lesquels, le livre numérique. 

La maison d’édition a par exemple lancé Nahdet Misr, une application qui permet aux lecteurs d’avoir accès à plusieurs ouvrages de leur catalogue de manière dématérialisée. 

Si l’intérêt pour les livres numériques a évidemment augmenté, notamment avec le confinement dû à la pandémie du coronavirus, la tendance reste aux livres papier. 

« Il existe déjà un grand nombre de livres en arabe sur ce genre d’applications, mais ils ont besoin de plus de visibilité. Un grand nombre de lecteurs ne savent même pas qu’ils peuvent avoir accès à des livres en arabe sur ce genre de plateforme » a souligné Dalia Ibrahim.
 

CORONAVIRUS : les ventes de liseuses
se sont envolées en France


Et d’ajouter : « Le nombre d’éditeurs qui se lancent dans l’édition numérique est encore très faible. »  Ainsi, les bénéfices liées aux ventes d’ebooks ou de livre audios ne peuvent pallier l’ampleur des pertes dues à la pandémie.

 

Quelles solutions ? 
 

Dans un climat sanitaire et économique incertain, les éditeurs ont décidé de réfléchir sur des alternatives telles que la création de salons virtuels. Mais également, de solliciter l’aide de leurs gouvernements.

L’Union des éditeurs arabes a récemment envoyé une lettre ouverte aux dirigeants des pays arabes, leur demandant d’inclure le secteur de l’édition dans leurs différents plans de soutien. Si Dalia Ibrahim estime que le moment est venu pour les gouvernements d’intervenir pour la filière livre, elle indique ne pas pouvoir « ignorer les énormes dépenses auxquelles ils doivent faire face actuellement pour soutenir les différents secteurs, tel que la santé et l’éducation ».

Quelques solutions ont également été suggérées par l’association comme la mise en place d’un fonds pour que les bibliothèques scolaires puissent acheter des ouvrages ou encore la suppression des taxes dans le secteur de l’édition.

via Vajuu

Photo d’illustration : Bibliothèque de l’Institut du monde arabe (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)




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