Déjà qu'ils lisent peu et mal, les garçons sautent en plus des pages

Clément Solym - 26.10.2016

Edition - International - lecture étude enfants - garçon livres habitude - sauter pages


Daniel Pennac a beau avoir consacré comme droit imprescriptible du lecteur, celui « de sauter des pages », les faits n’en restent pas moins frappants. Les garçons préfèrent les livres faciles et ont du mal à se concentrer... Ah, l’adolescence !

 

bodypainting child reading

Eva Rinaldi, CC BY SA 2.0

 

 

Les magazines ou les bêtises postées sur les réseaux sociaux semblent bien plus intéresser les jeunes garçons du Royaume-Uni que la lecture de classiques. Une importante étude universitaire vient de montrer que ces choix ne découlaient pas forcément d’une volonté propre. Même si, de toute manière, les garçons lisent moins que les filles...

 

Keith Topping, professeur en recherche pédagogique et sociale à l’université de Dundee, a fait état de résultats particulièrement représentatifs. Il s’est appuyé sur près d’un dixième de la population scolaire britannique – soit 852.295 élèves sollicités à travers 3243 écoles. Dans un second temps, il a communiqué un quizz lié aux lectures faites par 150.220 autres enfants, de 967 écoles. Tous étaient âgés de 5 à 18 ans. 

 

Première conclusion : « Ce qu’ils font n’est pas particulièrement bon – et ils sont largement à la traîne. » Très encourageant...

 

La suite de l’enquête repose sur différentes approches : d’abord, la lecture d’un livre, par l’enfant, chez lui ou à l’école. S’ensuit un test informatisé sur 5 à 20 questions relatives au livre. L’ensemble des résultats est passé au crible, avec un calcul entre le nombre de mots lus, le niveau de lecture – ainsi que la compréhension globale. 

 

« Les hommes affichaient des performances clairement moindres », indique l’universitaire. De sorte que l’on pouvait conclure aisément que les garçons avaient sauté des pages, voire des chapitres entiers. 

 

La seconde étude caractérise un peu mieux les habitudes et préférences de lecture. « Beaucoup de gens affirment que les garçons sont moins attirés par les livres d’histoire – de fiction – que les filles, et c’est une raison pour laquelle les filles réussissent mieux », prévient Topping. Sauf que... 

 

Cette tendance se confirme, mais les garçons afficheraient une certaine tendance à la non-fiction à partir du niveau collège – avec ce fait, toujours saillant, qu’ils lisent moins attentivement et sans, forcément, achever l’ouvrage, par rapport aux filles. 

 

Oui, les jeunes aiment lire – le problème, c'est la télé, internet et le reste

 

 

Chose intéressante : le niveau socio-économique ne serait pas lié à ce comportement, contrairement à ce que de précédentes analyses ont pu indiquer. « C’est une influence assez négligeable », indique-t-il. Le grand enjeu sera de savoir comment maintenir les garçons plus concentrés – défi pour les parents, autant que pour les enseignants. 

 

Avant tout, il faudra trouver l’ouvrage à même d’intéresser, indique de toute manière l’universitaire. « Nous ne sommes pas en train de dire qu’il faut lire des centaines de classiques et que ce sera parfait. Ils ont besoin de livres qui les stimulent sur des sujets qui les motivent. »

 

En clair, ils ont besoin de bons conseils...

 

via Guardian