Délicate mue et déficits en vue pour Waterstones

Antoine Oury - 06.02.2013

Edition - Librairies - Waterstones - librairie - restructuration


Depuis mai 2011 et son rachat par l'investisseur russe Alexander Mamut, la chaîne de librairies Waterstones a entamé une restructuration à grande échelle sous la direction de James Daunt, ancien de JP Morgan reconverti libraire via ses 6 enseignes « Daunt Books ». Si les initiatives ne manquent pas, les bilans de l'année se teintent de rouge et questionnent la stratégie de la société.

 


Waterstones

Neil T., CC BY-SA 2.0

 

 

L'année précédente a été marquée par deux annonces relatives à cette restructuration de la chaîne de librairies britannique : la première, véritable coup de tonnerre dans le milieu, voyait Waterstones conclure un partenariat commercial avec Amazon, bien que Daunt n'ait jamais caché son animosité face au site de e-commerce. Quelques semaines plus tard, le directeur général annonçait un vaste plan pour les librairies de la chaîne, avec l'ajout d'un espace de démonstration Kindle dans des boutiques voulues plus petites.

 

Neuf fermetures de librairies pour une inauguration plus tard, James Daunt présente les résultats de l'enseigne, en net déclin : 14 % de baisse entre avril 2011 et 2012. L'année « de transition » aurait essuyé les plâtres de la gestion et de la vente de la chaîne de librairie par HMV, ancien propriétaire. « Dans un sens, voilà ce dont j'ai hérité. La moitié de l'année s'est passée avec eux. Je ne sais pas si vous vous rappelez quelle était la situation à mon arrivée, c'était vraiment choquant » explique Daunt.

 

Malgré son alliance avec Amazon, la chaîne de librairie a pointé du doigt la concurrence du e-commerce des livres pour expliquer des chiffres peu engageants : désormais, la vente des produits hors livres représente près de 8,2 % des revenus. Les Kindle vendus en boutique ont peut-être contribué à ce résultat, mais Waterstones n'a pas communiqué sur ce point. 

 

Daunt a pris ses précautions avec les prévisions, en annonçant que les deux années à venir seraient encore moroses : 40 rénovations de magasins terminées, mais 60 à venir pour la chaîne au W, et autant d'investissements sans retour immédiat. « Dès que vous rénovez, vous ruinez le magasin. Cela a un véritable impact sur le commerce, mais vous immobilisez le magasin pour deux semaines. » 

 

Et il reste à démontrer que rénovation s'accorde bien avec innovation...