Démission de cinq libraires : Waterstones, toujours en froid sur les salaires

Victor De Sepausy - 12.08.2019

Edition - Librairies - James Daunt - librairies Waterstones - rémunération libraires


Cinq démissions encaissées, alors que le patron James Daunt s’apprête à quitter le Royaume-Uni pour diriger les librairies Barnes & Noble, cela n’augure rien de bien méchant ? Peut-être pas, mais les questions salariales chez Waterstones commencent à devenir récurrentes.

Waterstones bookshop,  Sutton, Surrey, London
Tony Monblat, CC BY SA 2.0
 

Avec quatre autres salariés, April Newton avait initié une pétition réclamant une hausse des salaires pour les libraires de la chaîne britannique. Plus de 9400 personnes ont signé, en accord avec le fait que l’actuelle rémunération « ne reflète pas l’énergie, l’érudition, ni les compétences qu’un libraire apporte à cette fonction ».

À cette époque, les réponses du grand patron, James Daunt, étaient simples : les marges en librairies sont faibles, et l’économie de la chaîne de librairies fragile. Procéder à une hausse de salaire de la sorte serait des plus problématique pour l’ensemble de l’entreprise.

Une fin de non-recevoir, donc, que les libraires à l’origine de la pétition ont actée… décidant qu’il valait mieux quitter l’enseigne. April Newton percevait 8,37 £ de l’heure — la pétition réclamait une augmentation à 10,55 £ pour les Londoniens, et 9 £ pour le reste de l’équipe.

Vivre à Londres « avec le salaire que je percevais avait des répercussions lourdes sur ma santé et mon bien-être, et je ne voyais aucun signe d’amélioration de la situation en restant dans l’entreprise », assure-t-elle au Guardian.
 

Les mauvais indicateurs, au mauvais moment


Le fait qu’Elliott Advisors, propriétaire de Waterstones, s’offre également les librairies américaines Barnes & Noble apportait un autre signe préoccupant. Les responsables avaient l’argent, mais ce dernier ne servirait pas aux employés. 

Daunt conserve son calme, et assure qu’il ne s’agit que d’un comportement isolé : « Nous aurions des problèmes si c’était généralisé », admet-il, plein de bon sens. Surtout qu’une augmentation de 3 % a été accordée en septembre 2018 pour certains salariés. Il reconnaît que certains peuvent se sentir lésés, mais sans que cela ne cristallise un réel problème au sein de l’entreprise.

« Est-il impératif que nous améliorions le salaire [pour les débutants] ? Absolument. Cependant, nous jonglons constamment avec un équilibre à trouver, et nous débattons très ouvertement », insiste le futur ex-patron. 
 
Si le succès de Waterstones provient du redressement qu’il a initié en 2011, il doit aussi beaucoup aux libraires eux-mêmes. Un bonus de 4 % accordé à certaines tranches ne saurait suffire. Mieux, poursuit le fondateur de la plateforme Organize, qui a relayé la pétition. « Daunt et ses dirigeants milliardaires doivent comprendre que, en ne versant pas un salaire décent, ils poussent les libraires loin de la vente de livres… et les clients vers Amazon. »


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.