Dénigrant les littératures de genre, Colm Tóibín sous le feu des critiques

Antoine Oury - 24.07.2019

Edition - Société - Colm Tóibín auteur - litteratures genre - texte litterature


En littérature, comment séparer le bon grain de l'ivraie ? Est-ce même nécessaire, tant que les gens lisent ? Sur ces questions très contemporaines, Colm Tóibín a donné un avis personnel en répondant qu'il ne pouvait pas lire « de la littérature de genre, aucune ». « La prose m'ennuie, tout simplement », a-t-il poursuivi, enterrant ainsi les polars et autres récits de science-fiction...

Colm Tóibín par Phoebe Ling, via son site officiel


L'écrivain et journaliste irlandais Colm Tóibín, auteur du splendide roman La Maison des rumeurs (traduit par Anna Gibson, Robert Laffont), s'est attiré les foudres de collègues et de lecteurs après la publication d'un entretien accordé à l'Irish Times. En tant qu'auteur, il a confessé trouver peu d'intérêt à la lecture « des thrillers et des romans d'espionnage ».

Il estime même que l'ensemble des littératures de genre sont « surestimées », au-delà des seuls thrillers et romans d'espionnage : « Je ne peux pas aller au bout des littératures de genre, aucun ouvrage. La prose m'ennuie, tout simplement. Je n'y trouve aucun rythme. C'est vide, c'est inepte ; c'est un peu comme regarder la télévision », assène Tóibín.
 

La montée au front


Les propos sans filtre, mais après tout personnels, n'ont pas manqué de susciter des réactions courroucées, et en premier lieu auprès des auteurs de littératures de genre, justement. Stephen Fry, écrivain et figure de la télévision britannique, a ainsi commenté : « Je t'aime Colm, mais... vraiment ? Essaye Lee Child (et James Lee Burke comme le suggère Philip Pullman). Et John Le Carré, Len Deighton, Mick Herron ou... Graham Greene ? »
 


« [Lire] [u]n grand auteur de faible renommée est généralement plus satisfaisant que l'inverse », conclut Fry dans son message, publié sur Twitter.

D'autres auteurs notent un petit manque de nuances dans les propos de Colm Tóibín, ce qui peut aussi s'expliquer, à sa décharge, par l'exercice contraint de l'entretien. « En tant qu'autrice de genre, cela me brise le coeur de lire “la prose m'ennuie”, car les littératures de genre ne signifient pas une écriture ennuyeuse, et la qualité des écrits varie beaucoup entre les genres », souligne de son côté Laura Lippman, adepte du roman policiers, dont certains ont été traduits en français aux éditions Points.
 
D'autres auteurs, participant à la conversation entretenue par l'Irish Times, prennent moins de pincettes avec les propos de Tóibín. Steve Cavanagh, auteur de thrillers, assure ainsi que l'écrivain irlandais « se croit intelligent, mais il ne fait que montrer son cul à tout le monde ».

Le débat ne s'annonce que trop passionnant...


Commentaires
Les auteurs qui ont fait allégeance à l'oligarchie dénigrent les littératures qui contestent son modèle culturel : celle qui font réfléchir en faisant rêver, loin du left washing des auteurs à la mode.
Il a raison pour les journaux, la plupart sont illisibles. Sans subventions, ils seraient presque tous morts depuis belle lurette. Parce qu'ils manquent de voix, de plumes, comme on dit dans le monde de l'édition, bref de gens de talent prêts à mettre leur peau sur la table. On a rien sans rien ma petite Lucette. Quant à la littérature de genre, je sais pas : j'en écris mais n'en lis pas. Bisou
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