Dénonciation de Gordon Brown par son ministre des Finances

Clément Solym - 05.09.2011

Edition - Société - brown - gordon - darling


Les mots d’Alistair Darling envers Gordon Brown ne sont pas toujours très tendres, mais restent marqués par sa loyauté affichée envers l’ancien Premier ministre anglais. Il décrit les tensions suscitées par l’évaluation de l’ampleur des dégâts de la crise à l’époque de la nationalisation de Northern Rock. Il révèle qu’il a envisagé un temps d’essayer de déposer Brown.


Darling est un politicien anglais de 57 ans, qui a travaillé dans le gouvernement anglais pendant 13 ans, jusqu’en 2010, passant de secrétaire d’État à ministre. Il a été député d’Édimbourg entre 1987 et 2005.

Dans ses Mémoires, l'ancien numéro 2 n’hésite pas à décrire l’époque de Brown comme « chaotique », parcourue par d’intenses désaccords au plus haut niveau. « Il y avait un parfum permanent de chaos et de crise. »
 


Selon l'ancien résident du 11 Downing Street, ce sont ces errements qui ont empêché les travaillistes de pouvoir remporter les élections de 2010. En 2009, il a même envisagé avec le ministre des affaires étrangères David Miliband d’essayer de « se débarrasser » de Brown. Mais la démission d’un autre ministre a rendu son propre limogeage improbable, et il a abandonné l’idée.

 
Pour lui, le gouvernement de Brown était « un régime tout à fait brutal, et qui a déplu à beaucoup d’entre nous ». Darling s’est principalement opposé à Brown sur la question de la durée de la crise. Pour Brown, elle n’était que passagère et durerait six mois. Pour Darling, elle durerait plusieurs années.

Ces dissensions étaient visibles de l’extérieur, ce qui a fait perdre collectivement sa crédibilité au parti travailliste en question d’économie.

 
Il devait aussi lutter contre son propre patron qui avait pris les négociations avec les banques en main, sans lui en référer : « Quelques-uns de ses conseillers avaient ouvert des lignes directes avec les banques. Toute tentative d’en parler avec Gordon était accueillie avec un refus brusque : ça n’avait pas lieu. »

 
Ambivalent, Darling critique Brown tout en soulignant ce que son parcours politique lui doit. Entre loyauté et cruauté, les labyrinthes du pouvoir sont pour le moins exigeants.

(Via le Guardian)