Dépôt de bilan pour Virgin : Filippetti parle de 'concurrence déloyale'

Cécile Mazin - 09.01.2013

Edition - Economie - Virgin Megastore - dépôt de bilan - actionnaire Butler


La situation de Virgin n'a pas échappé à la ministre de la Culture, qui, invité sur iTélé, a poursuivi sa vindicte contre « la concurrence déloyale d'Amazon », rendue responsable de la faillite de Virgin Megastore. Les différences d'imposition et de fiscalité dont Amazon bénéficie ont été pointées par la ministre, qui se positionne clairement contre Arnaud Montebourg, lequel était venu accueillir à bras ouvert le centre de distribution de Chalon-sur-Saône. 

 

 


 

 

Pour la ministre, les structures sont « soumis[es] à une véritable révolution et à une concurrence déloyale qui est le fait, il faut bien le dire, de certaines grandes entreprises de type Amazon ». Or, dans le courant du mois de janvier, un premier rapport sera remis au ministère, pour évoquer la question fiscale des entreprises « avec des propositions pour pouvoir lutter contre cette forme de contournement de la législation fiscale », a souligné la ministre.

 

Un rapport, certes, qui se télescopera probablement un peu avec les fondements de la mission Lescure, laquelle travaille également sur ces questions. 

 


 

 

Pour la ministre, l'issue pour Virgin allait très probablement être le redressement judiciaire, « hypothèse la plus probable ». La question d'un repreneur se posera alors. « Le gouvernement sera entièrement mobilisé pour aider à retrouver un éventuel repreneur et pour suivre au cas par cas la situation de chaque magasin et de chaque salarié », assurait-elle.

 

Dépôt de bilan officiel

 

Pourtant, quelques heures plus tard, le dépôt de bilan était officialisé par la direction de Virgin, qui a remis au tribunal de commerce de Paris, son devenir. Il reviendra à l'autorité juridique de déterminer quel sera l'avenir de la société : redressement ou liquidation. Pour les 1000 salariés, l'avenir est à présent un peu plus sombre.

 

Selon l'AFP, qu'un proche de l'actionnaire de Virgin, Butler, a sollicité, un possible plan social pourrait être à l'oeuvre, du fait de l'actif et de la trésorerie dont dispose l'enseigne. Parmi ces éléments, le bail de l'établissement des Champs-Élysées, estimé entre 15 et 20 millions €. 

 

Il a également été pointé qu'en 2008, lors de l'arrivée de l'actionnaire, Virgin était déjà déficitaire, et que 15 millions $ ont été investis dans la structure depuis lors. Aujourd'hui, la trésorerie du groupe est estimée à 35 millions € - avec près de 23 millions € de dettes.

 

Manifestation sur les Champs

 

À 13 h, plusieurs centaines de salariés se sont retrouvés devant l'emblématique magasin des Champs, brandissant des pancartes pour dénoncer l'inaction ou le comportement de l'actionnaire, qui détient 74 % du capital. « Butler, c'est une machine à fric. Ce qu'on veut, c'est qu'il finance tout ce qui peut arriver derrière. On veut un repreneur, avec un projet multicanal », a ajouté Guy Olharan de la CGT. 

 

Une journée de mobilisation qui fut historique, assure-t-on, puisque dans toute la France, les salariés avaient fait grève, se présentant devant des magasins pour manifester. « Butler nous l'a dit hier: il n'y aura rien pour les salariés et il n'y a malheureusement plus d'argent dans l'entreprise pour payer un plan social », commente Sylvain Alias du syndicat SUD. 

 

A Paris, Olivier Besancenot, ancien du Nouveau parti anticapitaliste était présent : « On partage votre colère. Butler c'est une grosse machine [...] c'est un groupe qui est spécialisé dans le rachat des entreprises en difficulté. » Avec lui, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF s'est aussi exprimé : « Nous demandons que des mesures soient prises pour faire rendre gorge à des groupes comme Butler qui a menti pendant des mois sur la situation. »